Les socialistes et le mouvement ouvrier contre Thatcher

Le mouvement ouvrier de Liverpool a résisté aux politiques d’austérité du gouvernement conservateur de Margaret Thatcher. En gagnant une majorité au conseil municipal de Liverpool, appuyé par un mouvement de masse et des grèves générales, les élu.es travaillistes de Liverpool ont refusé d’effectuer des coupures dans les budgets municipaux imposés par le gouvernement Thatcher et sont allé.es de l’avant avec un budget des besoins (needs budget). Plutôt qu’imposer des coupures, les classes populaires de Liverpool ont répondu en créant des logements, de l’emploi et construits des infrastructures dont elles avaient besoin.

Comme le mentionne, Tony Mulhearn, conseiller municipal de Liverpool de 1984 à 1987 et membre de The Militant: «Nous avons traduit le socialisme, dans le langage de l’emploi, du logement et des services publics.» Et ça a marché! Le mouvement de Liverpool a non seulement améliorer la vie quotidienne de centaines de milliers de personnes, mais a également tracé la voie pour construire le plus important mouvement responsable de la chute de Margaret Thatcher d’abord, et du gouvernement conservateur peu de temps après avec le All Britain Anti-Poll Tax Federation.

Étudiant·e·s vous invite à participer à une conférence-discussion sur une histoire méconnue du mouvement ouvrier, qui pourtant nous éclaire sur les enjeux politiques du moment : Comment combattre un gouvernement de droite? Quel rôle les socialistes révolutionnaires y ont joué? Comment les groupes populaires et le mouvement syndical ont participé à ces luttes? Quelles ont été les réactions de la droite du parti travailliste et des conservateurs?

Contre le G7, Bâtir un monde socialiste! : débat-conférence

Les dirigeant.es des sept pays les plus riches de l’Occident (G7) tiendront leur rencontre annuelle au Manoir Richelieu à La Malbaie, dans la région de Charlevoix, les 8 et 9 juin. C’est lors de ce genre de sommet que se décide l’avenir de nos conditions de vie à tous et à toutes, de nos salaires à notre alimentation en passant par notre environnement et nos médicaments.

Plus de 8 000 policiers et policières seront déployé.es durant le sommet, en plus des 3 000 « dignitaires » et 2 500 journalistes qui envahiront la ville de Québec. Ce déploiement extrêmement coûteux et illégitime est à l’image de la puissance de la classe dirigeante du G7, dont Donald Trump, Angela Merkel ou Emmanuel Macron sont les têtes d’affiche.

Cette puissance, les élites l’utilisent pour mener des guerres impérialistes. Elles referment ensuite leurs frontières aux réfugié.es pour éviter d’en payer le prix. Cette puissance, elles l’utilisent pour laisser les grandes compagnies détruire l’environnement. Elles ferment ensuite les yeux sur la dévastation des territoires laissée aux communautés comme seule redevance. Cette puissance, elles l’utilisent pour réduire nos conditions de travail tout en tenant des discours triomphant sur les bas taux de chômage.

Résultat : il n’y a jamais eu autant de richesses produites sur terre. Pourtant, les inégalités économiques n’ont jamais été aussi importantes. Ici comme ailleurs, les élites empochent au détriment des travailleurs, des travailleuses et de la jeunesse.

Face à ce système capitaliste qui n’offre qu’un avenir toujours plus précaire à la majorité de la population, il est temps de construire une alternative politique qui prend réellement en compte les besoins de la population.

Venez discuter des raisons et des moyens pour faire tomber le système des élites du G7!

Vendredi 8 juin à 19h00, à la Librairie St-Jean Baptiste, au 565 rue St-Jean à Québec

Alternative socialiste et Étudiant.e.s Socialistes

Comment sortir du capitalisme ? : Le Programme de transition

Le jeudi 29 mars dernier, les étudiant.e.s socialistes de l’UQAM ont organisé une conférence ayant pour thème comment sortir du capitalisme. Les étudiant.e.s y ont exposé les solutions proposé par Léon Trotsky dans son ouvrage le Programme de transition, voici le résumé de la conférence:

Le Programme de Transition

L’agonie du capitalisme et les tâches de la IVe Internationale

Le contexte

Le programme de transition s’inscrit dans le contexte particulier de l’année 1938, celui du fondement de la IVe Internationale qui correspond à l’unification du mouvement trotskyste, tant au plan national qu’international, ainsi qu’à l’acquisition de son autonomie. Après s’être constitué en opposition de gauche dans les partis communistes traditionnels desquels les bureaucrates Staliniens les ont expulsés, après une période d’entrisme (hélas!) comme faction des partis sociaux-démocrates, les trotskystes décident de fonder leurs partis de manière autonome. La quatrième Internationale a pour but d’unifier les trotskystes d’un même pays, puis ensemble les partis trotskystes de tous les pays. La situation en 1938 est grave, La montée du fascisme gangrène l’Europe et sème la dictature. La guerre qui fait déjà rage en Espagne menace de s’étendre à toute la planète. Le Capitalisme mondialisé est monopolistique est entrée dans sa phase terminale et s’engorge dans une autodestruction généralisée d’une ampleur sans précédent. L’époque est objectivement mûre pour la révolution socialiste prolétarienne, mais partout on ne voit que des « Fronts Populaires » et des « New-Deals ». Les partis sociaux-démocrates de la IIe Internationale ont viré au réformisme et les partis communistes de la IIIe Internationale ont tourné au Stalinisme. Devant l’inaction des réformistes et des Staliniens, à l’heure où le prolétariat démontre chaque jour qu’il est prêt à en finir, il faut un nouveau mouvement pour remédier à la « crise historique de la direction du prolétariat », ce mouvement c’est, pour le révolutionnaire bolchévique Léon Trotsky, la IVe Internationale, et sa tâche Le Programme de Transition.

Pourquoi Le Programme de Transition ?

La présente époque qui est celle du présent ouvrage, l’année 1938, est celle de la crise mondiale du capitalisme qui ne fait que s’aggraver depuis 1929. Mais qu’elle est cette crise ? Cette crise est le résultat de l’anarchie de la production capitaliste, celle d’un système qui ne peut s’autoréguler. En effet la crise de 1929 est une crise de surproduction L’accroissement spectaculaire des moyens de production suite à l’essor de la Guerre entraine la mécanisation des campagnes et de l’industrie. Les paysans, notamment, mécanisent non seulement mais aussi électrifient leur production agricole à crédit. Ce dopage spectaculaire de la production entraine une surproduction, incapable d’écouler les stocks de marchandises, les tonnes de céréales se voient bradée pour des sommes de misères ou pire encore simplement détruite. Les paysans ruinés sont laissés à l’abandon et les saisies des terres se multiplient, laissant en friches des hectares incultivés. Du côté de l’industrie l’accroissement des forces productives d’une part, fait exploser la production entrainant avec elle dans son cercle vicieux la surproduction, suivie de la baisse de prix, et de cette baisse de prix la baisse des profits qu’on tente de contrer tant bien que mal par des licenciements de masses. Les ouvriers sur le carreau incapable d’acheter quoi que ce soit réduisent le besoin en marchandise, les stocks de marchandises s’entassent par suraccumulation, et la marchandise ainsi accumulé se voit bradée pour une bouchée de pain ramenant ce cercle vicieux à sa case départ. De plus agriculture et industrie voient la part croissante en capital constant et la réduction des personnels gruger leur taux et leur masse de plus-value précipitant encore la crise dans un abîme. Et pour accroître cette descente aux enfers les multiples faillites paysannes et les banqueroute industrielles entraine les défauts de payements, et l’implosion généralisée des banques et de ses charognards de capitaliste usuriers qui culmine dans le pinacle du sommet de l’apogée de l’agonie lorsque le capitalisme financier, l’impérialisme, plonge dans les abysses sans fins du Krach Boursier entrainant à sa suite la très haute bourgeoisie impérialiste et toute sa ribambelle d’aristocrate de la finance. Ces crises qui normalement cycliques, ponctuent le capitalisme deviennent sans limites lorsque ce dernier rencontre les frontières du Monde et que son développement sans limite rencontre ses dernières bornes lorsque cette contradiction ultime qu’est la recherche d’une expansion infinie dans un monde fini atteint un tel sommet qu’elle ne peut se résoudre que par le socialisme et la mort du capitalisme gisant mort sous le poids de ses contradictions. Pourtant rien n’advient et les partis Staliniens et réformistes font tout pour sauver les décombres, c’est pourquoi la tâche de la Quatrième Internationale est de grouper les masses en vue d’une prise du pouvoir. Cette tâche n’est autre que la Transition et c’est pourquoi il lui faut désormais un Programme.

Qu’est-ce que Le Programme de Transition ?

Historiquement la social-démocratie divisait son programme en deux. Un programme minimum qui consistait en toutes les réformes qu’il était possible d’obtenir à l’intérieur des frontières du capitalisme. Et un programme maximum qui consistait en la réalisation de la société sans classe, sans salariat, sans État ni division sociale du travail. Cependant ce programme était toujours remis à un moment plus opportun ce qui fondera la base de ce que Lénine appelait l’Opportunisme. Afin de lier le programme minimal réformiste au programme maximal utopiste, il faut un programme révolutionnaire qui n’est autre que Le Programme de Transition. Le programme de la Quatrième Internationale se compose donc en trois partie, le programme minimal réformiste qui sert à améliorer les conditions d’existence du prolétariat et à le grouper autour de sa capacité à changer les choses, il se composera de revendication contre la vie chère, contre le chômage et pour la paix ; il est constitué en quelque sorte des besoins/revendications immédiates du prolétariat. Le programme maximal utopiste qui définit la meilleure société possible et fixe le but final de tout le mouvement communiste, qui regroupera aussi, mais sur la base du désir non-seulement d’un monde meilleur mais du meilleur des mondes ; il se compose des idées de Marx et Engels. Et finalement Le Programme de Transition révolutionnaire qui sert à grouper le prolétariat sur la base de sa capacité à renverser le capitalisme et non plus à le réformer. Le Programme de Transition est donc le programme pour faire la révolution, il est une synthèse de l’expérience du mouvement révolutionnaire et son but n’est autre que le renversement de la Bourgeoisie par le Prolétariat. Mais quelles sont alors les revendications transitoires ?

De quoi Le Programme de Transition est-il fait ?

La tâche du Programme de Transition, consistera essentiellement à construire les institutions qui seront à la fois présente dans le capitalisme et dans le socialisme et qui seront le pivot de la transition de l’un à l’autre ; ces institutions prolétariennes seront ses institutions révolutionnaires qui lui permettront de renverser la bourgeoisie. Tout d’abord pour éviter la décomposition du prolétariat et pour lutter contre la vie chère, les syndicats se doivent de procéder à des embauches par contrat collectif. Ces contrats collectifs devront appliquer l’échelle mobile des heures de travail c’est à dire la répartition des heures entre tous les différents travailleurs englobé dans le contrat collectif. Le contrat doit aussi prévoir l’échelle mobile des salaires, c’est à dire que chaque ouvrier soit embauché selon son poste et non plus sur ses heures. Par ce fait qui n’est que le début du programme le Prolétariat commence déjà à redéfinir les conditions de productions. Les syndicats n’englobent cependant que 20% à 25% du Prolétariat, il s’agit d’ailleurs des couches les mieux qualifiées et rémunérée. Il faut donc créer des organisations ad hoc plus large afin d’englober tout le Prolétariat. Les contrats collectifs illustraient déjà la prise de contrôle du prolétariat sur la production capitaliste, mais la présente époque où écrit Trotsky voit dans les grèves avec occupations en Espagne (1936-1937), en France (1936) et précédemment en Italie (1919) et en Russie (1917) confirmer la volonté du prolétariat et la tendance de la révolution à la grève avec occupation, sauvage, générale, illimitée, sociale et expropriatrice. Et voici posé, pour le programme de transition le problème de l’Autogestion. Afin d’exproprier les capitalistes et de permettre l’autogestion généralisée du prolétariat et le contrôle ouvrier sur la production sociale le prolétariat doit former des Comités d’Usines, contre-pouvoir autogestionnaire et libertaire qui lui permettra d’exproprier sans compensation la bourgeoisie et d’assurer la production sous la Dictature du Prolétariat. Afin de maintenir la grève et de se défendre contre les agressions des agents fascistes briseurs de grève, les prolétaires devront aussi former des Comités de Grève, afin d’assurer la pérennité de la grève et des occupations, la conscientisation des masses et leur implication dans la lutte des classes. L’expropriation et le renversement révolutionnaire de la bourgeoisie par le prolétariat ne peut se faire sans le concours d’armes, la lutte des classes devient donc aussi une lutte armée, une guerre d’une classe contre l’autre. Par conséquent l’armement du prolétariat est une tâche du programme de transition. Afin de procéder à la liquidation de la bourgeoisie et au maintien des grèves expropriatrices, le programme de transition lance le mot d’ordre de milice ouvrière, qui doit se composer de détachements ouvrier d’autodéfense partout où cela est possible et particulièrement autour des piquets de grèves pour faire face à la milice bourgeoise que constitue l’armée, la police, les surveillants et les groupes paramilitaires fascistes. Lorsque la lutte des classes s’exacerbe au point de devenir une lutte à mort, le prolétariat doit se trouver en position de force. L’ultime revendication du programme de transition consiste, après avoir déjà instaurer la dualité des pouvoir puis le pouvoir ouvrier dans l’usine (l’entreprise), à instaurer la dualité des pouvoirs politiques, puis le pouvoir politique ouvrier. Ce pouvoir, cette revendication, a toujours été historiquement portée par les Soviets, les conseils ouvriers. Au stade suprême de la prise de conscience de la révolution il convient d’instaurer les soviets qui engloberont la totalité de l’ensemble des masses, sur une base de démocratie large, dont le but n’est autre que la constitution d’un pouvoir autonome ouvrier puis du pouvoir ouvrier. De par leur simple existence les soviets sont une déclaration de guerre ouverte contre la bourgeoisie qui ne peut les tolérer, ils entreront donc immédiatement en lutte avec les parlements et les ministères bourgeois. Ainsi s’achève la révolution lorsque les soviets renversent le pouvoir bourgeois ils instaurent par la même la Dictature du Prolétariat.

L’application du Programme de Transition à l’époque de Trotsky

Nous avons déjà couvert l’application du programme de transition dans les pays industriels capitalistes encore «démocratiques», mais qu’en est-il dans les pays arriérés, fascistes ou soi-disant «socialistes». Dans les pays arriérés, c’est à dire les pays coloniaux et semi-coloniaux, l’application du programme de transition entraine sa modification. Déjà parce que le caractère inégal et combiné, du développement de la production capitaliste à l’échelle mondiale entraine, via l’impérialisme, le développement et la constitution dans les pays coloniaux et semi-coloniaux d’un important prolétariat organisé et structuré alors même que l’aristocratie et la paysannerie cohabitent avec les vestiges du mode de production féodal et une bourgeoisie nationale faiblement développé, qualifiée de bourgeoisie comprador. Les nouvelles revendications transitoires de révolution agraire et d’indépendance nationale, soit la liquidation de l’héritage féodal et la lutte anti-impérialiste, sont alors à l’ordre du jour, en plus les revendications démocratiques revêtiront un caractère transitoire, notamment celle d’assemblée constituante.  Mais c’est nouvelle revendications feront vite place au revendication transitoires, car a peine les institutions traditionnelles de la classe ouvrière, les syndicats, les partis se forment-ils que déjà les soviets apparaissent. Le prolétariat se chargera donc d’effectuer la transition traditionnellement bourgeoise démocratique et la transition prolétarienne socialiste, l’une dans l’autre dans un dialectique enchaînement de processus (IVe loi de la Dialectique), conformément au bon mot d’ordre et à la doctrine de la Révolution Permanente. Demander à la bourgeoisie compradore nationale d’effectuer cette tâche, ou encore à la petite bourgeoisie paysanne (trop divisée et trop peu structurée), c’est provoquer le suicide du mouvement ouvrier, et c’est substituer au mot d’ordre de Dictature du Prolétariat celui de Dictature de la Bourgeoisie, La Barbarie au Socialisme. Dans les pays en voie de succomber au fascisme (L’Espagne, L’Autriche, l’Allemagne en 1933, ou l’Italie entre 1922 et 1925-1926), les partis sociaux-démocrates et Staliniens n’ont fait que redoubler de couardise face à la révolution, voyant arriver de loin de péril fasciste ils n’ont pas lancés leurs puissants partis fort de millions de sympathisants dans la révolution antifasciste, car elle aurait signifié pour eux la Dictature du Prolétariat. Sous le despotisme totalitaire fasciste, la lutte est sujette à la même réaction que lors des épisodes d’après la Commune (1871) et la Révolution de 1905. Le Prolétariat perd ses syndicats, la liberté de presse, et ses paris politiques. Néanmoins le joug infâme de la dictature carnassière des fascistes, est le plus improbable catalyseur de la conscience de classe. Le truchement de l’aliénation politique au sens électoral et de légitimation de cette aliénation, car le prolétariat est toujours aliéné par des lois auxquels il se doit d’obéir et de conformer son action sans y prendre part et sans les contrôler, devient impossible, la dictature de la bourgeoisie et la lutte des classes éclatant dans leur splendide vérité. Et c’est pourquoi : «La préparation moléculaire de la révolution prolétarienne est en marche sous la lourde dalle du régime totalitaire» (Une phrase qu’on croirait tout droit sortie de Deleuze et Guattari). C’est pourquoi Le programme de Transition est immédiatement applicable dans tous les pays fascistes, les Comités de Grèves, les Comités d’Usine et les Soviets, se chargeront très bien d’éliminer la dictature fasciste sans chercher à recréer la démocratie bourgeoisie, ils se passent également de l’aval des bureaucraties de parti et syndicales. La chute du fascisme sera immédiatement suivi d’une révolution prolétarienne et socialiste. Lors de cette révolution il est clair que bureaucrates de parti et bureaucrates syndicaux chercheront à réanimer le cadavre d’une énième république bourgeoise (l’histoire donna raison à Trotsky à la libération en France, en Italie, avec la chute du franquisme et surtout, surtout lors de la Révolution des Œillets au Portugal), mais le prolétariat ne saura s’en contenter et instaurera par la même après la dictature du fascismes la dictature du Prolétariat. Le programme de transition varie aussi pour l’URSS. Au niveau social l’URSS bien que sujette aux contradictions menaçantes d’une classe sociale bureaucratique privilégié, conserve des aspects de la propriété sociale et de socialisme, ce qui fait qu’une partie du programme de transition est déjà achevée. L’URSS est en fait un État ouvrier dégénéré. Dans ce contexte le programme de transition se voit enrichit de nouvelles revendications transitoires sous le nom de démocratie soviétique. Il convient alors d’inclure dans les revendications transitoire la lutte pour la liberté des syndicats, des comités d’usines, pour la liberté de réunion et d’association, ainsi que pour la liberté de la presse. La démocratie soviétique exige aussi l’exclusion des bureaucrates de la participation aux soviets. Elle réclame la légalisation des partis soviétiques, les masses décidant elles-mêmes quels partis sont soviétiques. Il convient aussi de procéder à la Révision de l’économie planifiée dans l’intérêt des consommateurs et des travailleurs. Les comités d’usines doivent reprendre le contrôle de la production dans une perspective autogestionnaire, mais aussi les coopératives de consommations doivent-elle surveiller le contrôle des prix. Enfin sur la question agraire il convient de précéder à la Réorganisation des Kolkhozes, les coopératives agricoles, dans l’intérêt des kolkhoziens. Enfin, afin de rejoindre les masses dans leurs préoccupations immédiates, le programme de transition se doit de lancer la lutte contre l’inégalité sociale et l’oppression politique qui réclame l’abolition des privilège bureaucratique, l’abolition du stakhanovisme, l’abolition des grades et l’égalité des salaires. Sur le plan international il convient de revendiquer l’abolition de la diplomatie secrète. Le programme de transition doit aussi demander une révision immédiate des procès de Moscou et le châtiment de leurs instigateurs. En somme le programme de transition en Union Soviétique se résume au renversement de la bureaucratie thermidorienne elle-même.

À BAS LA CLIQUE BONAPARTISTE DE CAÏN STALINE !

VIVE LA DÉMOCRATIE SOVIÉTIQUE !

VIVE LA RÉVOLUTION SOCIALISTE INTERNATIONALE

Conclusion

Le programme de transition est donc la synthèse de l’expérience du mouvement révolutionnaire contenu sous la forme de revendications transitoires et de tâches révolutionnaire. Ces tâches que Trotsky assigne à la quatrième internationale, sont en fait les tâches de tout mouvement qui se prétend révolutionnaire. Terminons sur les mots de Trotsky lui-même.

OUVRIER ET OUVRIÈRES DE TOUT LES PAYS,

RANGEZ-VOUS SOUS LE DRAPEAU

DE LA QUATRIÈME INTERNATIONALE !

C’EST LE DRAPEAU DE VOTRE VICTOIRE PROCHAINE !

Torres et Bouazzi dénoncent l’islamophobie

Le 25 janvier, environ 40 personnes étaient présentes pour une conférence sur l’Islamophobie donnée à l’Université du Québec à Montréal. L’événement était organisé dans le but de commémorer le meurtre de six hommes musulmans dans une mosquée de Québec l’année précédente et pour discuter du nombre croissant d’attaques contre les Musulman·e·s par le gouvernement et les médias depuis ce temps. Organisée par les Étudiant·e·s Socialistes de l’UQAM, avec Alternative Socialiste, la conférence avait comme panélistes Haroun Bouazzi, de l’Association des Musulmans et des Arabes pour la Laïcité, et Ève Torres, de La VOIE des Femmes. Une période de questions-réponses s’en est suivie.

Haroun Bouazzi témoigna du niveau de violence frappant qui est dirigé contre les Musulman·e·s. « Je vous donne 3 jours pour trouver une mosquée qui n’a pas déjà été vandalisée. » Bouazzi a conclu sa conférence en soulignant l’importance de la convergence des luttes. « Nous avons le devoir de faire qu’un jeune noir de Montréal-Nord ou de Parc-Extension et un blanc de Hochelaga ou de Sept-Îles se voient comme des alliés dans les luttes pour la justice et non comme une menace les uns pour les autres. »

Ève Torres relata la manière dont elle a été réduite au silence et marginalisée quand elle a tenté d’écrire à propos du traitement raciste que subissent les femmes musulmanes à son travail. Elle a également parlé des suppositions que même les personnes libérales font à propos des femmes qui portent le voile : « J’ai choisi de me voiler pour des raisons personnelles et religieuses. Cela ne veut pas dire que je suis moins féministe pour autant. Nous avons une vision intersectionnelle du féminisme, une qui embrasse les différences culturelles. »

La conférence a été présentée par Paolo Lapointe-Miriello, coordinateur des Étudiant·e·s Socialistes – UQAM, qui a parlé de l’importance de bâtir un avenir socialiste pour mettre fin à toute forme d’oppression : « Les êtres humains ne sont pas nés islamophobes : ils et elles le deviennent à cause de la manipulation des médias et de la classe dominante, mais aussi à cause des conditions économiques et sociales dans lesquelles on vit. En tant que socialistes, nous nous battons pour un système économique démocratique, libre de toutes formes d’oppression. »

De la démonisation à l’organisation

Le 30 novembre dernier, l’auteure et syndicaliste Nora Loreto est venu parler de ces jeunes travailleurs et travailleuses qui bâtissent un nouveau mouvement ouvrier au Québec.

Une chose amusante s’est produite en 1999. Après des années de consensus néolibéral incontesté ayant commencé sous les années Reagan/Thatcher, une des plus grandes manifestations de l’Histoire des États-Unis s’est tenue lors d’une rencontre du secrétaire d’État aux finances avec l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC), à Seattle dans l’État de Washington. 40 000 manifestants protestaient contre les objectifs néolibéraux de la mondialisation qui dégrade les conditions de vie des prolétaires, d’Ottawa en Ontario jusqu’à Ciudad Juarez au Mexique. Une nouvelle génération d’activistes, défiait en bloc la classe dominante, faisant converger ensembles des revendications aussi diverses que les droits des ouvriers textiles Mexicain, l’extinction de la vie marine, et la démocratie Nord-Américaine.

Pour beaucoup de gens de ce milieu, aucune grande institution n’est digne de confiance ; les États, les grosses multinationales et les grands syndicats était tous l’objet de suscitions. Alors que le mouvement syndical entamait déjà en déclin qui se poursuit encore de nos jours et que les leaders syndicaux adoptait les discours des politiciens qu’ils endossent, ce n’était probablement pas une surprise que les jeunes activistes ne se tournent pas vers les organisations syndicales et ne les voit pas comme contribuant à bâtir un monde meilleur.

Reconstruire le mouvement syndical

L’auteur et activiste Nora Loreto, attaque la perception négative que les jeunes prolétaires ont des organisations syndicales. Dans son Livre de 2013, De la démonisation à l’organisation : l‘émergence nouveau mouvement syndical, elle se penche sur l’activisme de la nouvelle génération. Pourquoi le déclin du pouvoir des syndicats entraine une diminution des conditions de vie du prolétariat, et comment les jeunes prolétaires peuvent et devraient bâtir le nouveau mouvement syndical.

À l’UQAM, en Novembre dernier devant une foule d’étudiants et de travailleurs, à l’invitation d’Étudiants Socialistes, Loreto est venue parler du gouffre entre le monde de l’activisme chez les travailleurs non-syndiqués et l’actuel mouvement syndical. Elle a fortement insisté sur la nécessité pour les jeunes prolétaires de reprendre le flambeau du syndicalisme, et de rebâtir un mouvement syndical pour le 21e siècle.

Loreto nous encourage à considérer ce qu’est un syndicat à la base : une organisation démocratique du prolétariat, formée pour prendre le pouvoir sur les conditions de travail et pour pouvoir les influencer. Partant de cet exposé, elle considère que nous devons voir le syndicalisme comme un outil de changement qui contribue à bâtir une société fondée sur la solidarité et l’égalité plutôt que sur la misère et l’exploitation.

Alors que les effectifs syndicaux continuent de se réduire d’année en année, l’organisation des jeunes prolétaires en syndicat n’est pas qu’une belle idée, c’est une nécessité. Les syndicats sont confrontés à de nombreux problèmes. Comment peuvent-ils s’avérer pertinent pour les prolétaires qui se conscientise par des luttes pour l’égalité, contre le racisme, le sexisme, l’homophobie et la transphobie ? Comment peuvent-ils organiser l’industrie des biens et services, un secteur au bas taux de syndicalisation où se retrouve nombre de jeunes prolétaires ?

Loreto ne prétend pas avoir la solution à toutes ces questions, mais l’analyse qu’elle présente dans ses livres est un excellent point de départ pour tous les syndicalistes et pour tous les jeunes prolétaires non-syndiqués dans leur lutte pour un monde meilleur.

De la démonisation à l’organisation: l’émergence du nouveau mouvement syndical est disponible en anglais et en français pour 20 $ sur le site Web du Centre canadien de politiques alternatives. https://www.policyalternatives.ca/diabolisation-organisation

Grève générale en Belgique, 1960-61

mercredi 25 mars, 19h
UQAM, local PK-3605

201, av. du Président-Kennedy, Montréal
Métro Place-des-Arts

Alternative socialiste et Étudiant-es socialistes UQAM vous invitent à une série de conférences portant sur les plus grandes grèves générales de l’histoire.
Avec:
Bruno-Pierre Guillette
Alternative socialiste

Durant plus de six semaines, les travailleur-euses belges se soulèvent en plein hiver pour contester le projet de Loi unique du gouvernement Eyskens. Cette loi vise à faire des compressions sociales importantes pour combler l’endettement de l’État belge suite à la décolonisation du Congo. La grève de l’hiver 1960/61 est surnommée, à juste titre, la “grève du siècle”. Plusieurs y soulignent son caractère “insurrectionnel” et “révolutionnaire”.

Comment s’est déroulée cette grève? Quel a été le rôle des militant-es révolutionnaires et des chefs syndicaux dans le mouvement?

Que pouvons-nous apprendre de cette grève? Venez en discuter avec nous!

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Prochaines conférences
• Pologne 1980, 8 avril, 19h, UQAM, local A-2580
• Guadeloupe 2009 / Nigéria 2012, info à venir

Grève générale en Angleterre, 1926

mercredi 25 février 2015, 19h
UQAM, local SH-2580

200, rue Sherbrooke Ouest, Montréal
Métro Place-des-Arts

Alternative socialiste et Étudiant-es socialistes UQAM vous invitent à une série de conférences portant sur les plus grandes grèves générales de l’histoire.

Avec:
Bruno-Pierre Guillette
Alternative socialiste

En mai 1926, la classe ouvrière britannique se soulève. Durant 9 jours, plus de 5 millions de travailleurs et de travailleuses paralysent le système, occasionnant une perte nette de plus de 300 millions de livres pour les patrons. Cette grève générale a été l’une des plus importantes du XXe siècle. Elle faillit renverser le pouvoir capitaliste, à tel point que les chefs syndicaux préférèrent y mettre un terme.

Comment s’est déroulée cette grève ? Quel a été le rôle des militant-es révolutionnaires et des chefs syndicaux dans le mouvement ?

Que pouvons-nous apprendre de cette grève? Venez en discuter avec nous!

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Prochaines conférences
Belgique 1960/61, 25 mars, 19h, UQAM, local PK-3605
Pologne 1980, 8 avril, 19h, UQAM, local A-2580
Guadeloupe 2009 / Nigéria 2012, info à venir

NON AUX OLÉODUCS!

Jeudi 12 février 2015
19h00
UQAM A-1720

400 Ste-Catherine Est
Métro Berry-UQAM

À l’heure où la planète est à bout de souffle à cause du réchauffement climatique lié à la combustion d’énergie fossile, le Canada met les bouchées doubles et tentent de vendre toujours plus de pétrole au reste du monde.

Pour ce faire, il coopère avec des compagnies pétrolières afin de passer un oléoduc sur le territoire québécois. Quels en sont les risques pour le Québec et son environnement? Quels seraient les impacts sur la réalité géopolitique du nord de l’Amérique?

En collaboration avec l’Organisation du Québécois et le Réseau de Résistance du Québécois, nous vous invitons tous à cette conférence qui portera sur les enjeux des oléoducs au Québec.

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CONFÉRENCIER : Patrick R. Bourgeois dirige l’organisation du Québécois depuis 2001. Il est titulaire d’une maîtrise en histoire, d’un certificat en enseignement collégial et d’un certificat en journalisme. Il a complété la scolarité d’un doctorat en science politique. Il est l’auteur de 6 essais portant tous sur la situation du Québec.

Les idéologies radicales aujourd’hui: le marxisme et l’anarchisme

jeudi 29 janvier 2015
19h30
Université Concordia, Concordia Co-op Bookstore

2150, rue Bishop, Montréal
Métro Guy-Concordia

Venez assister à ce panel anglophone de discussion sur les “idéologies” radicales aujourd’hui. L’événement est organisé par Platypus Affiliated Society en collaboration avec Concordia Co-op Bookstore, Alternative socialistes et Étudiant-e-s socialistes UQAM .

Panellistes
Catherine Janvier
Revolutionary Communist Party / Parti communiste révolutionnaire
Julien Daigneault
Alternative socialiste, Étudiant-e-s socialistes UQAM
William Roberts
Political Science, McGill

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It seems that there are still only two radical ideologies: Anarchism and Marxism. They emerged out of the same crucible – the Industrial Revolution, the unsuccessful revolutions of 1848 and 1871, a weak liberalism, the centralization of state power, the rise of the workers movement, and the promise of socialism. They are the revolutionary heritage, and all significant radical upsurges of the last 150 years have returned to mine their meaning for the current situation. In this respect, our moment seems no different.

There are a few different ways these ideologies have been taken up. Recent worldwide square occupations reflect one pattern: a version of Marxist theory — understood as a political-economic critique of capitalism — is used to comprehend the world, while an anarchist practice — understood as an anti-hierarchical principle that insists revolution must begin now — is used to organize, in order to change it. Some resist this combination, claiming that Marxism rejects anti-statist adventurism, and call for a strategic reorganization of the working class to resist austerity, and perhaps push forward a “New New Deal”. This view remains wedded to a supposedly practical welfarist social democracy, which strengthens the state and manages capital. There is a good deal of hand waving in both these orientations with regard to politics, tactics, and the end goal. Finally, there have been attempts to leave the grounds of these theories entirely — but these often seem either to land right back in one of the camps or to remain marginal.

To act today we seek to draw up the balance sheet of the 20th century. The historical experience concentrated in these ideas must be unfurled if they are to serve as compass points. To see in what ways the return of these ideologies represent an authentic engagement and in what ways the return of a ghost. Where have the battles left us? What forms do we have for meeting, theoretically and practically, the problems of our present?

Grève générale en Belgique: Quelles leçons pour le Québec?

mercredi 17 décembre 2014
19h
UQAM, local J-1110

405, rue Sainte-Catherine Est
Métro Berri-UQAM

Le 6 novembre 2014, plus de 120 000 personnes ont manifesté contre l’austérité à Bruxelles. Cette manifestation monstre a donné le coup d’envoi au plan d’action syndical national. Les trois centrales syndicales de Belgique se sont entendues pour organiser trois journées de grève tournante du 24 novembre au 8 décembre ainsi qu’une journée de grève nationale le 15 décembre. La lutte risque de s’accentuer en 2015. Le monde du travail réclame la sauvegarde du pouvoir d’achat et des programmes sociaux, la création d’emplois et une meilleure justice fiscale.

Que pouvons-nous apprendre de ce mouvement? Venez en discuter avec nous!