Classes en lutte !

Le mouvement étudiant français est présentement en lutte contre le gouvernement réactionnaire et bourgeois du président libéral Macron. Celui-ci a décidé d’instaurer une contre-réforme dans le cadre de son plan étudiant, annoncé depuis le 30 octobre. La mesure phare de ce plan, l’instauration dès la licence (équivalent français de notre Baccalauréat) de la sélection. En effet, les universités françaises ont la particularité de ne pas être contingentées. Il peut donc y avoir autant d’étudiants que d’inscrits. Cette situation a été mise en péril par des mesures d’austérité qui ont empêché les dépenses de suivre le rythme de l’arrivée de nouveaux étudiants. Cette mesure mécaniquement mise en place par les précédents gouvernements bourgeois porte ses fruits. Les facs sont désormais surpeuplées, ce qui donne un prétexte illusoire parfait pour instaurer la sélection, alors qu’ils sont eux-mêmes responsables de cette surpopulation.

Face à cela le mouvement étudiant français, dont on connaît la combativité, a décidé de répliquer. Les syndicats étudiants qui en France regroupent des militants ayant volontairement adhéré sur une base individuelle compensent leurs effectifs, par la forte mobilisation de ces derniers. Ils ont dès le 22 novembre entamé une journée nationale de mobilisation. Aujourd’hui et depuis le 1er février, des mots d’ordre d’appel à la grève générale ont été rencontrés avec succès. Certaines facs comme Montpellier sont occupées depuis février. Trois journées de mobilisation successives ont été organisées les 1ers, 6 et 15 février, et l’on prévoit une augmentation de la mobilisation. Au mouvement étudiant qui avait déjà combattu un an auparavant la sélection à la maîtrise, s’ajoute la mobilisation des lycéens contre la nouvelle sélection dès la licence (baccalauréat). Une convergence Lycéens étudiants qui permet de décupler les effectifs de mobilisation. La grève avec ses blocages, piquetages, et ses actions symboliques se multiplie sur les campus. Il ne manque plus que les perturbations économiques pour donner la parfaite recette du syndicalisme de combat ! Syndicalisme de combat qui a fait notre succès en 2012, et qui est la tactique adoptée par Solidaire Étudiant-e-s, syndicat anticapitaliste, sous l’appellation syndicalisme de lutte, de lutte des classes !

Après Nuit Debout et le mouvement d’opposition à la Loi Travail, les étudiants français font encore une admirable démonstration de leur combativité tant par l’ampleur de leur mobilisation que par leur capacité à enchaîner les luttes sur le long terme. Nous saluons la démarche de nos camarades étudiants français et nous leur souhaitons la victoire contre la sélection. Nous espérons que cette lutte débouchera sur la perspective de solidarité internationale entre les mouvements étudiants québécois et français. Nous avons intérêt nous aussi à développer nos campagnes et nos luttes contre notre propre contingence. Nous espérons voir l’émergence de manifestation de solidarité devant les consulats français. Nous souhaiterions voir la possibilité d’un front uni des syndicats étudiants francophones contre leur problématique commune. Car de mêmes conditions naissent de mêmes luttes, des luttes de classes. Enfin, nous rêverions de voir le mouvement étudiant converger avec les revendications présentes du mouvement ouvrier. Convergence qui offrirait la possibilité renouvelée d’un nouveau Mai 68, 50 ans après. Un Mai 68 qui rendrait la contestation permanente et qui irait jusqu’au bout !

ASC

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