Écologie ou libéralisme économique!

Après plus d’une trentaine années à délibérer sur la question, l’écologie est maintenant devenue centrale dans le débat public. Et ceci à un point tel que même les vieux partis conservateurs sont forcés de se plier à cette tendance. Malgré tout, le problème du dérèglement climatique et des formes diverses que prend la pollution n’ont pas encore été réellement abordés autrement que par de beaux discours, de bonnes intentions et des accords internationaux non respectés… Les gestes volontaires des citoyens et le gaspillage un peu trop ostentatoire de certaines entreprises ont certes fait quelques avancées, mais rien de significatif (et surtout de systémique) n’a encore vraiment été initié, malgré tout le sérieux de l’enjeu.

C’est dans ce contexte d’attentisme exacerbé que Greta Thunberg a fait son apparition sur la scène internationale. Cette jeune Suédoise, qui interpelle et juge les principaux dirigeants du monde au nom de la jeunesse, est devenue le symbole de la lutte aux changements climatiques. L’apparition médiatique de cette jeune fille n’est cependant pas sans poser quelques questions, puisque son profil n’a rien d’extraordinaire et son abnégation envers la cause est loin d’être une exception. En réalité, la soudaine popularité médiatique de Greta Thunberg a plutôt à voir avec le carnet d’adresses de ses parents et des entreprises de communication dite « verte » plutôt que sur ses seuls faits. Mais enfin, comme le dit l’adage des dernières semaines : « Quand Greta montre la catastrophe, l’idiot regarde Greta ! »

Et ce n’est pas peu dire, puisque l’immense popularité de Greta Thunberg a immédiatement généré des réactions tout aussi démesurées que l’idolâtrie dont elle a bénéficié. Passant de la psychologie de comptoir, jusqu’aux plus ridicules théories du complot, à peu près tout a été dit sur sa personne. Pourtant la réalité est assez banale. La jeune fille est devenue une icône, simplement parce qu’elle est apparue au moment opportun, mais surtout parce que les jeunes se reconnaissent en elle et les plus âgés y voient la génération qui fera face aux conséquences des choix des précédentes. Greta Thunberg est donc un « signifiant vide », comme dirait la théoricienne post-marxiste Chantal Mouffe. C’est-à-dire une entité dans lequel on se reconnait soi-même et qui est en mesure de fédérer des gens aux intérêts et volontés divergentes sur la base d’un projet unificateur. Il faut dire que la petite est aussi très bonne oralement et même si elle ne rédige surement pas elle-même ses discours, l’effet de ses reproches semble agacer certains politiques qui auraient bien aimé la récupérer politiquement (je pense ici tout particulièrement à Emmanuel Macron !).

Ce rôle de symbole de la défense de l’environnement est, comme je le mentionnais, accompagné de celui de « tête de Turque » pour ses opposants, ce qui fait que la vie de la jeune femme est désormais scrutée à la loupe afin d’y déceler la moindre trace de contradiction. Comme la solution au dérèglement climatique est encore perçue par bien des gens comme une question de vertu individuelle, la personne qui sermonne les décideurs se doit d’être un exemple d’intégrité écologique. « L’écologisme » serait, selon eux, comme une espèce « d’art de vivre », voire une « religion » qui impliquerait une simplicité volontaire radicale. En conséquence, le niveau de prise de parole devrait être au prorata de l’ascétisme affiché.

Cette façon de voir la cause de la sauvegarde de notre environnement est évidemment ridicule et est un simple stratagème pour faire taire le messager. Rappelons que la meilleure façon de lutter contre la prise de conscience de notre rôle sur le climat est bien sûr de tirer sur le messager en dénigrant la fausse « vertu de Sainte Greta ». De cette manière, on évite de parler des causes systémiques du problème et, comme personne n’est parfait, on finit fatalement par « jeter le bébé avec l’eau du bain », comme le dit si bien l’expression.

De l’autre côté, nous trouvons la sempiternelle bonne vieille bourgeoisie progressiste, au côté des activismes pour le climat, fin prête pour une énième tentative de récupération d’une cause qui est fatalement trop radicale pour elle. Dans le palmarès des farces douteuses, notons la présence de Justin Trudeau à la dernière marche pour le climat de Montréal. Marche qui avait pour principal objectif d’influencer le pourvoir en place! Hormis l’énorme ironie que constitue la présence du premier ministre canadien dans une marche qui le vise directement, constatons que la récupération de la cause est devenue un problème presque plus grave encore que sa négation. Si la négation du problème par les climatosceptiques peut se combattre par des idées, des données scientifiques et beaucoup de patience, le « greenwashing » quant à lui endort les consciences dans la pensée magique tout en maintenant en place la source même du problème. C’est-à-dire l’anarchie économique que constitue le libéralisme économique.

Je souligne ici « libéralisme économique » et non le terme plus englobant de « capitalisme », car il existe bien des formes de capitalisme autoritaire qui pourraient très bien s’adapter à la rareté et se maintenir dans des activités économiques liées à la survie des pauvres. Autrement dit, s’enrichir sur la faim, le froid et la maladie d’une classe dont on a coupé toute forme d’ascenseur social[1]. Ce type de capitalisme étant particulièrement dégueulasse, il ne peut bien sûr pas être promu par quiconque se présente à des élections. A contrario, le libéralisme économique a historiquement justifié les inégalités par une théorie éthique. Selon cette idéologie, l’inégalité serait le résultat de la « liberté » ! Ce serait nos capacités personnelles dans le cadre de la compétition qui seraient à l’origine de notre position sociale et non pas le capital social, culturel et économique que comporte notre classe sociale d’origine[2].

La malice du libéralisme ne se limite évidemment pas à ça, puisqu’il y a aussi une certaine redistribution dans sa version dite progressiste. Néanmoins, cette redistribution est au fort prix d’une croissance économique constante, puisque la bourgeoisie n’est pas généreuse au point de limiter ses attentes de profits liées à sa position sociale et à ses droits sur les moyens de production. Les classes moyennes et populaires peuvent bien se partager les surplus de la croissance, mais en autant quelles consommes suffisamment pour la soutenir et, plus important encore, qu’il y ait suffisamment de croissance pour d’abord satisfaire l’actionnariat et le système financier.

Vous tous qui savez pertinemment que l’économie n’est pas en grande forme et que la croissance n’est plus au rendez-vous, devez deviner que le logiciel libéral-progressiste (ou social-démocrate) a du plomb dans l’aile depuis que les libéralisations massives de l’ère post-soviétique ont saccagé le compromis keynésien d’après-guerre. Comme le modèle néolibéral redoute plus que toute l’inflation, les besoins de crédits et l’investissement passent désormais par la dette publique & privée et engendrent des bulles spéculatives monstrueuses. Le besoin de croissance économique est donc devenu absolument nécessaire afin de simplement éviter le krach qu’occasionnerait l’éclatement de ces bulles[3].

Dans ces conditions, la redistribution et la planification économique, qui devrait être la base même de la reprise économique, sont devenues les ennemies à abattre. De là les accusations ridicules de « communisme », que chantonne la droite réactionnaire à tout va, lorsqu’il est question de changement de paradigme. Il en va de même de l’écologie politique, car le sérieux de l’enjeu impose de revenir sur terre, alors que notre société semble incapable de réaliser que le capitalisme n’est qu’une façon comme une autre d’organiser le travail humain. La fameuse opposition entre « économie » et « écologie » n’a de sens que dans ce refus de voir la réalité.

Greta Thunberg martèle qu’il faut écouter les scientifiques. C’est vrai, mais ceux-ci sont bien avare de solution politique et c’est bien normal, ce n’est pas leur rôle. Cependant, il est bien difficile de faire l’impasse sur un point, c’est-à-dire la décroissance, puisque la production de gaz à effet de serre est directement liée à l’activité économique. Mais qui dit décroissance, dit rareté donc gestion et planification. Et qui dit gestion et planification dit redistribution, puisque la croissance n’est plus là pour gaver les riches tout en entretenant une consommation décente pour le reste de la population.

Les scientifiques évitent et récusent généralement le concept, mais tout ça fait vachement penser à du socialisme! C’est pourquoi la droite réactionnaire parle (à juste titre d’ailleurs) « d’idéologie pastèque », c’est-à-dire verte à l’extérieur et rouge à l’intérieur. Cependant, les partis politiques dits écologistes restent très discrets eux aussi sur la question. Parfois volontairement, pour des raisons électoralistes, mais, plus souvent, parce qu’incapable de sortir eux-mêmes du paradigme du libéralisme économique. C’est pour cette raison que la rhétorique des « petits gestes » est aussi présente dans les têtes et les discours. Et c’est aussi pour cette raison que le « greenwashing » a à ce point monopolisé le problème environnemental. Comme ils ont peur de dire les choses comme elles le doivent, on tourne autour du pot et on attend de régler la quadrature du cercle! Mais pendant ce temps le climat continue de changer et les années se perdent.

Dans un article sur le cas du 3e lien à Québec, j’avais proposé de revoir l’urbanisme des villes afin de réduire, non pas le transport routier, mais le besoin de transport. Ici, il m’apparaît clair que l’anarchie productiviste qu’impose le modèle économique des traités de libre-échange est l’une des raisons qui provoquent la grande majorité des GES, mais aussi limite la souveraineté politique des États[4], donc leur possibilité d’agir sur l’économie et le climat. Cette situation est aisément compréhensible, puisque ces traités sont justement signés dans le but d’entraîner de la croissance.

À l’inverse, c’est le circuit court qui doit être envisagé et tout ce qui peut être relocalisé doit l’être par principe. Cependant, ce genre de politique va à l’encontre des volontés d’enrichissement de la bourgeoisie (qu’elle soit de droite ou de gauche) et impose la redistribution, sans quoi le système d’échange se bloquera rapidement[5].

Comme on le voit, derrière l’écologie politique, se cache réellement un projet socialiste. Peut-être pas du genre marxiste-léniniste, mais socialiste quand même! Il me semble urgent que les partis verts du monde le réalisent, car autrement ils seront dans l’incapacité de faire autre chose que ce que font déjà les vieux partis sociaux-démocrates et libéraux-progressistes. C’est-à-dire, taxer et sermonner les pauvres pour un mode de vie que les bourgeois ont imposé et construit à leur seul profit !

***

[1] Je pense ici à un capitalisme de « castes », dans lequel la bourgeoisie devient héréditaire en droits et dont la liberté économique est supprimée au profit des privilèges. Autrement dit, un capitalisme féodal.

[2] Pour les intéressés, j’ai rédigé un texte qui traite spécifiquement de la question.

[3] Je résume évidemment ici à l’excès !

[4] Il n’est pas ici question de nationalisme, puisque la souveraineté est également nécessaire à la coordination internationale en fut d’une décroissance équitable.

[5] Les riches ont besoin des bras des pauvres, mais aussi qu’ils consomment. C’est ce qu’avait compris la bourgeoisie antiesclavagiste aux É-U lors de la Guerre de Sécession.

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Grève mondiale pour le climat : Qui a peur de Greta?

Greta Thunberg serait-elle une jeune femme « mentalement instable » porte-parole de « l’alarmisme climatique »? C’est pourtant en ces termes que la petite élite québécoise décrit la militante écologiste suédoise qui sera l’invitée d’honneur de la grande marche pour le climat ce 27 septembre. Pourquoi s’en prendre à elle avec une telle agressivité?

Il n’est pas surprenant d’entendre de tels propos venir de la droite radicale climatosceptique dont le chef du Parti populaire du Canada, Maxime Bernier, est l’émissaire en chef. Ce dernier préfère blâmer « l’immigration de masse » pour les problèmes actuels. Bernier s’est retrouvé d’ailleurs plusieurs fois dans l’eau chaude en raison de la présence d’éléments suprémacistes blancs dans son parti. Les nationalistes xénophobes du JOURNAL DE MONTRÉALMathieu Bock-Côté et Richard Martineau en tête – n’ont pas manqué d’écorcher Thunberg et de lui rappeler que sa place « n’est pas dans la rue, mais à l’école ».

Comme la crise climatique, la haine des élites envers Greta Thunberg est mondiale. Un philosophe français l’a comparé à un « cyborg du 3e millénaire », tandis que des climatosceptiques australiens et anglais considèrent son influence au même titre que celle d’une leader de culte.

Plusieurs mois après les mobilisations historiques de centaines de milliers de jeunes partout dans le monde, ces agressions illustrent l’inquiétude croissante des élites politiques capitalistes. Ces mêmes élites qui savent pertinemment quels sont les dangers climatiques qui nous font face, mais qui choisissent délibérément de ne rien faire.

Le capitalisme tue, et ils le savent

Le système capitaliste est responsable de la production de 1 400 milliards de tonnes de CO2 depuis le début de l’industrialisation. Dès lors, la biodiversité ne cesse de décliner. Bien que les grandes entreprises investissent des millions de dollars pour avoir l’air écolos, la consommation industrielle de charbon continue de croître. La consommation de pétrole vient pour la première fois de passer les 100 millions de barils/jour!

Depuis deux siècles, des médecins et des avocats alertent les classes dirigeantes quant aux impacts de l’environnement sur la santé des gens. Durant deux siècles, les lobbies industriels les ont étouffés. Aujourd’hui au Québec, on voit bien où se trouvent les priorités du premier ministre François Legault lorsqu’on apprend qu’il n’a même pas daigné assister au sommet international de lutte contre les changements climatiques parrainé par l’Organisation des Nations unies (ONU), à New York. Greta Thunberg sera toutefois accueillie dans l’agora de l’Assemblée nationale à la suite d’une demande de Québec solidaire.

Pas de temps à perdre!

Le Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (GIEC) estime qu’il reste 12 ans pour imposer une alternative radicale afin d’éviter les effets les plus graves des changements climatiques.

Mettons un terme à la combustion d’énergies fossiles et à la production de plastique au cours des prochaines années! Nous avons besoin d’aliments qui ne ruinent ni la planète ni notre santé. Cela exige des changements urgents et profonds dans la production énergétique, industrielle, alimentaire et agricole, dans les transports et dans le logement.

Les besoins des gens, pas les profits des élites!

Le cabinet indépendant Carbone 4 soutient que les efforts individuels sont insuffisants pour s’engager sur la voie de la transition écologique. L’équipe d’experts et d’expertes explique que nous devons exiger une transformation radicale du système. Cette transformation implique que le 3/4 des efforts doivent être fournis par les États et les entreprises, principaux responsables de pollution.

Nous avons besoin d’un plan d’investissements publics massifs dans le secteur des énergies renouvelables et du transport en commun public, efficace et gratuit. Ce plan doit aussi concerner la construction et la réparation de logements abordables et écologiques, d’infrastructures publiques et la mise sur pied d’usines publiques de recyclage. Tout cela est réalisable pourvu que la richesse que nous produisons ne soit pas accaparée par une petite élite.

Stoppons les 100 principaux pollueurs!

Au cours des trois dernières décennies, plus de 70% des émissions industrielles de gaz à effet de serre ont été produites par 100 entreprises. Ces dernières ignorent les recommandations et les législations environnementales. Et les élites politiques sont leurs marionnettes. Nous ne pouvons pas contrôler que ce que nous ne possédons pas.

Par conséquent, nous devons faire en sorte que les grandes entreprises de l’industrie énergétique, de la construction, des transports, de l’agro-industrie et de la finance passent du privé au secteur public.

Une société à notre service!

Avec les ressources actuelles, il est possible de libérer la science des limites du capitalisme. Au lieu d’investir des milliards de dollars dans des subventions aux pétrolières, nous pourrions développer des technologies et des matériaux écologiques. Nous défendons le droit de chaque personne à un bon emploi et à une vie exempte de pauvreté, d’oppression, de dévastation et de destruction.

Les grandes entreprises et leur puissance colossale doivent être contrôlées et gérées démocratiquement par notre classe et nos communautés. Cela garantira qu’aucun emploi ne sera perdu. Ils pourront être convertis en emplois socialement utiles et sans perte de salaire.

La planification, pas le chaos!

Les élites tentent d’opposer la création d’emplois aux pratiques écologiques. Les programmes de type Green New Deal vont dans la bonne direction. Nous devons toutefois aller plus loin, au-delà des limites du système capitaliste.

Au lieu de l’anarchie capitaliste de la production pour le profit, nous devons planifier démocratiquement la manière d’utiliser durablement les ressources de la planète afin de répondre aux besoins réels de la majorité de la population.

Faire grève ensemble!

Nous, les gens ordinaires, souffrons le plus des changements climatiques. En revanche, c’est notre classe qui a le pouvoir de changer l’histoire. Le blocage de l’économie capitaliste montre notre potentiel à prendre le pouvoir économique entre nos mains.

En faisant la grève tout le monde ensemble, nous stoppons ce dont les capitalistes ont le plus besoin : l’accumulation de profits. En reliant la lutte initiée par la jeunesse avec les luttes de la classe ouvrière, nous pouvons organiser des grèves puissantes pour un changement réel et fondamental de la société.

Au-delà des grèves ponctuelles, il est essentiel de s’organiser dans des comités d’action, que ce soit dans nos syndicats, dans nos associations étudiantes, dans Québec solidaire ou dans nos quartiers. Faisons vivre localement notre militantisme à travers des campagnes concrètes, par exemple pour la gratuité du transport en commun. Transformée en mouvement de masse, une telle campagne peut servir de levier politique contre les politiques gouvernementales.

Pour une alternative socialiste!

Les êtres humains font partie de l’écosystème planétaire, pas le capitalisme. Combattons-le et construisons une société socialiste démocratique reposant sur les besoins de la majorité, non pas sur les profits d’une minorité. À ce stade-ci, ce n’est plus un slogan, mais une nécessité vitale! Les membres d’ALTERNATIVE SOCIALISTE sont organisé·es au niveau international dans plus de 35 pays, sur tous les continents. Impliquez-vous avec nous pour arrêter la destruction de la planète!

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De la nécessité d’une alternative écosocialiste

« La Terre peut vivre sans nous, mais nous ne pouvons vivre sans elle », cette citation du Président de la République de Bolivie Evo Morales n’a jamais été aussi vraie qu’à notre siècle. Dans une époque où l’air, l’eau et les sols sont pollués de plus en plus, où les ressources énergétiques fossiles commencent cruellement à manquer et dont la carence conduira inéluctablement à de plus en plus de guerres pour leur contrôle, où les modes de production n’ont jamais autant détruit l’environnement et l’écosystème dans lequel nous vivons, il est désormais impératif pour nous de revoir notre mode de vie, de consommation, de production afin de permettre, de promouvoir un développement durable et mettre en place des politiques écologistes à tous les échelons de la société.

« Nous n’héritons pas de la terre de nos parents, nous l’empruntons à nos enfants. »

L’auteur du Petit Prince, Antoine de Saint-Exupéry, nous rappelait déjà au milieu du XXe siècle que nous avons d’ores et déjà une dette envers toutes les générations futures et que nous avons le devoir de préserver le bien commun à toute l’humanité qu’est notre planète, notre écosystème, seul capable d’accueillir et de permettre le développement de la vie.

Les gouvernements du monde entier semblent se soucier de plus en plus de la question de l’écologie politique, en témoigne les nombreux protocoles ratifiés par les principales puissances mondiales, bien que peu respecter dans les faits, ou encore les conférences et autres sommets organisés régulièrement, dont le prochain devrait se tenir à Paris au cours de l’année 2015. Mais face aux nouveaux défis qui s’imposent à eux, deux principales options sont à leurs dispositions, reprenant le sempiternel antagonisme de philosophie politique opposant libéralisme et socialisme.

On attribue habituellement le nom de « capitalisme vert » pour l’écologie libéral alors qu’on préfère le terme d’écosocialisme pour son pendant de gauche. Vous vous douterez qu’ici, nous préférerons la philosophie écosocialiste, considérant le capitalisme vert purement et simplement hypocrite. Effectivement, le capitalisme classique se base sur une recherche continuelle de profit, ce trait de caractère n’échappant pas à l’écologie. À travers cette idéologie, on relègue la planète et l’environnement au rang de marchandise comme une autre, qui se doit d’être gérée par le pouvoir du marché, lui conférant une valeur d’échange, se matérialisant par exemple, par des droits à polluer. Ces droits se négocient sur un marché dédié où les grandes compagnies des industries polluantes achètent le droit de rejeter des tonnes et des tonnes de dioxyde de carbone dans notre atmosphère. Outre la disparité habituelle qu’en tel marché créé entre les plus fortunés et les moins aisés, cette conception de l’écologie ne règle en rien le problème, à aucun moment elle ne se penche sur les questions de l’après, du moment où nos modes de production actuels basés sur les énergies fossiles ne permettront plus de poursuivre et ce n’est là qu’un exemple de l’impossible conciliation entre écologie et libéralisme. Malheureusement, c’est pourtant cette idéologie qui s’impose dans le monde et qui est ratifiée par les sommets et autres conventions.

C’est pourquoi, nous citoyens, devons pousser vers la solution alternative que constitue l’écosocialisme. Celle-ci se base non pas sur le profit, mais sur l’intérêt général, mettant en avant le pouvoir du citoyen qui en rejetant le productivisme et le mode de vie consumériste dans lequel nous baignons depuis des décennies peut changer les choses. Toutes les décisions politiques doivent poursuivre un but d’intérêt général et l’écologie ne peut y échapper, les logiques marchandes ne peuvent avoir leur place dans l’avenir de nos enfants. Pour se faire, il est indispensable de rompre immédiatement avec les schémas de pensée et de production « traditionnels », capitaliste et au service d’intérêts particuliers et privés.

Revoir les modes de production

Les modes de production doivent être revus pour favoriser le « consommer local », l’agriculture biologique notamment, vecteur d’emploi et permettant une consommation et une production saine bénéfique pour l’économie, pour les sols et pour l’humain. Permettre de développer, par un financement public, des projets de productions d’énergies vertes, nécessaires à poursuivre la transition énergétique qui elle aussi aura un impact non négligeable sur la création d’emploi et la réindustrialisation de certaines zones aujourd’hui abandonnées. Là où le modèle libéral à tout détruit, au nom du sacro-saint profit, l’écosocialisme sera être une réponse magnifique aux problèmes économiques, sociaux et environnementaux auxquels nous avons tous à répondre.

Tout cela aura un coût immédiat non négligeable, c’est évident, c’est ce qui freine actuellement sa réalisation. Mais la classe politique doit avoir le courage politique de mener ses projets dont nous pourrons récolter les fruits que dans quelques dizaines d’années. Mais si nous continuons d’attendre, que nous permettons le laisser-faire libéral, il sera trop tard pour faire marche arrière et le prix à payer sera beaucoup plus cher. L’idée de règle verte répond à cette exigence de respect de l’environnement, elle consiste en des exigences de réduction des émissions de pollutions par les états ou de la consommation énergétique afin de résorber la dette écologique et ne pas « vivre à crédit » en atteignant le « jour du dépassement global » dès le mois d’août comme ce fut le cas pour l’année 2014. Le but étant de neutraliser l’empreinte écologique de l’humanité en développant les alternatives au nucléaire, au pétrole, au charbon, etc.

Le rôle des États

Cela passe encore par la mise en place de planification écologique par les États. Ceux-ci doivent mener des politiques sur le long, voir le très long terme, en concertation et sous contrôle des citoyen-nes visant à permettre une transition écologique, un développement des énergies renouvelables, un changement des politiques pour faire évoluer les consciences, dès l’école ; revoir les impératifs de production, en poussant vers des modes de production plus raisonnés, en fonction des besoins réels.

Un réveil des consciences et une modification de l’idéologie actuelle seront nécessaires, une bataille culturelle pour annihiler la doxa libérale imprimée dans toutes les consciences et martelée à longueur d’antennes par les télévisions et à longueur de lignes par les journaux devra aussi être menée pour faire accepter l’urgence d’une telle politique. Toutes les couches de la société doivent se sentir concernées par l’urgence et doivent mettre, à leur niveau, les moyens dont ils disposent au service de ce changement de société.

L’écosocialisme n’est pas qu’un projet écologique, c’est aussi et surtout un projet de société qui met l’humain, les citoyen-nes au cœur du processus décisionnel, qui lui offre la possibilité de changer les choses à son échelle par l’empilement de petits gestes qui ensemble peuvent réellement faire changer les choses. C’est un renouveau du projet socialiste, un nouveau souffle pour les forces de gauche. Ce projet ne peut quitter son état d’utopie qu’en étant porté par une multitude de pays, tous. Cela doit être une initiative internationale et universelle, devant être impulsée par les peuples de tous les pays et toutes les classes. C’est une manifestation nouvelle et réelle de la convergence de toutes les luttes qui doivent se joindre à la cause de l’écologie, car toutes nos réalisations, tous nos combats, toutes nos avancées sociales n’auront plus aucun effet si notre monde venait à disparaitre par notre faute.

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NON AUX OLÉODUCS!

Jeudi 12 février 2015
19h00
UQAM A-1720

400 Ste-Catherine Est
Métro Berry-UQAM

À l’heure où la planète est à bout de souffle à cause du réchauffement climatique lié à la combustion d’énergie fossile, le Canada met les bouchées doubles et tentent de vendre toujours plus de pétrole au reste du monde.

Pour ce faire, il coopère avec des compagnies pétrolières afin de passer un oléoduc sur le territoire québécois. Quels en sont les risques pour le Québec et son environnement? Quels seraient les impacts sur la réalité géopolitique du nord de l’Amérique?

En collaboration avec l’Organisation du Québécois et le Réseau de Résistance du Québécois, nous vous invitons tous à cette conférence qui portera sur les enjeux des oléoducs au Québec.

Événement Facebook
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CONFÉRENCIER : Patrick R. Bourgeois dirige l’organisation du Québécois depuis 2001. Il est titulaire d’une maîtrise en histoire, d’un certificat en enseignement collégial et d’un certificat en journalisme. Il a complété la scolarité d’un doctorat en science politique. Il est l’auteur de 6 essais portant tous sur la situation du Québec.

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Écosocialisme et mobilisation/barbarie [10-04-2013]

Écosocialisme et mobilisation

mercredi 10 avril 2013, 18h30
UQAM, Local PK-1630 (201, av. du Président-Kennedy)

Éric Martin, professeur de philosophie au Cégep Édouard-Montpetit
Lucie Sauvé, professeure de didactique à l’UQAM
Roger Rashi, Militant et coordonnateur chez Alternatives

Comme son nom l’indique, l’Écosocialisme est la rencontre d’un socialisme débarrassé de la logique productiviste et d’une écologie anticapitaliste. Il offre une perspective analytique et programmatique en réponse aux crises fondamentales auxquelles se bute le capitalisme soit, la crise économique et écologique. Devant ces hécatombes annoncées, il convient de repenser et organiser de façon raisonnée notre mode de production en respect des limites de la nature. Si une planification écologique s’impose, celle-ci ne compromet en rien la démocratie. Précisément, l’Écosocialisme oppose à l’entreprise caporalisée et à la puissance des intérêts économiques érigés en soutien à un mode de production inégalitaire et destructeur la socialisation de la production et la refondation démocratique des institutions politiques. Dans cette perspective, la construction de l’Écosocialisme repose sur la mobilisation et la participation populaire.

Ce panel s’adresse à la fois aux curieux et curieuses qui désirent s’initier à l’Écosocialisme, de même qu’aux militant-es venues faire le plein d’arguments.

—> Événement Facebook

Vidéos de la conférence

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Partie 1 (39m)|http://www.youtube.com/watch?v=q0UIDgU8j10&list=PLOvvP3sG88_SQnEJY7a2mwwbwx3KWv3lU

Partie 2 (28m)|http://www.youtube.com/watch?v=8i1ARaXuxKc&index=2&list=PLOvvP3sG88_SQnEJY7a2mwwbwx3KWv3lU

Partie 4 (24m)|http://www.youtube.com/watch?v=JY3q0UEDQ3k&list=PLOvvP3sG88_SQnEJY7a2mwwbwx3KWv3lU&index=3

Partie 5 (36m)|http://www.youtube.com/watch?v=WGjBNmfwIR4&list=PLOvvP3sG88_SQnEJY7a2mwwbwx3KWv3lU&index=4

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Tous les vidéos ont gracieusement été filmés par Abraham Weizfeld, Ph. D.

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