Changer le monde : Le rôle du parti révolutionnaire

Action spontanée et parti révolutionnaire

Il y a plus de 150 ans, Karl Marx et Frederick Engels ont expliqué la nécessité de renverser le capitalisme et de construire une nouvelle société, le socialisme.

Mais comment le capitalisme doit-il être renversé et comment la transformation vers la socialisme peut-elle être faite ? Le débat autour de ces questions a suscité des réponses en tous genres au cours de ces 150 ans. Parmi toutes celles-ci, Lénine et ses camarades en Russie ont fourni la meilleure réponse au début du 20e siècle. Le parti bolchevik qu’ils ont construit a conduit les travailleurs·euses russes au renversement de l’Etat tsariste et à la construction d’un Etat ouvrier basé sur une économie planifiée.

Cependant, depuis lors – bien que le capitalisme a provoqué un niveau croissant de souffrance, de pauvreté et de dégradation écologique sur la planète et malgré des luttes gigantesques dans beaucoup de pays – un renversement du capitalisme conduisant à un Etat ouvrier démocratique ne s’est plus reproduit nulle part.

Léon Trotsky, un des dirigeants de la révolution russe de 1917, en a synthétisé la raison en 1938 lorsqu’il écrivit dans le Programme de Transition, écrit pour le congrès de fondation de la Quatrième Internationale : « La crise historique de l’humanité se réduit à la crise de la direction révolutionnaire ». Ces mots restent aussi vrais aujourd’hui qu’ils l’étaient alors. La discussion sur la nécessité d’un parti révolutionnaire et sur ses formes d’organisation est très importante aujourd’hui, tout particulièrement parce que beaucoup de jeunes se considèrent eux/elles-mêmes comme « anticapitalistes » et se montrent intéressé·e·s par les idées socialistes mais sont très méfiant·e·s envers les partis politiques. Cela n’a rien de surprenant, étant donné les méthodes bureaucratiques et antidémocratiques utilisées par les principaux partis politiques capitalistes et les attaques qu’ils mènent contre les conditions de vie de la population quand ils sont au pouvoir. Les jeunes peuvent aussi être méfiant·e·s face à l’idée même d’une organisation avec des organes de direction, que ce soit à cause de leur connaissance de l’existence passée des régimes staliniens bureaucratiques et oppressifs ou pour d’autres raisons comme de mauvaises expériences avec des dirigeant·e·s syndicaux·ales distant·e·s et enfermé·e·s dans leurs bureaux. En fonction de tout cela, les jeunes peuvent être poussé·e·s vers d’autres conceptions, comme les actions spontanées et « inorganisées » et les réseaux informels.

Cependant, bien qu’il y ait des moments où l’action spontanée peut amener une accélération dans les événements, il y a de grandes limites à ce genre d’action. Elle n’offre pas un lieu adéquat où débattre démocratiquement de ce qui doit être fait et de comment les choses peuvent évoluer par la suite. Elle peut laisser les gens impliqués dans l’action à la merci de la répression d’Etat par manque d’encadrement et de planification. Et surtout, elle ne constitue pas une forme d’action efficace. Il est vraisemblable que l’impact sera bien plus grand si un grand nombre de gens protestent d’une manière organisée et unie que lors d’actions menée de manière disparate dans laquelle chaque individu agit individuellement ou au sein de petits groupes.

Cette brochure traite du rôle et de la construction d’un parti révolutionnaire basé sur la forme organisationnelle développée par le Parti Bolchevik, à savoir le centralisme démocratique. Cela ne signifie pas que les méthodes d’organisation et le rôle d’un tel parti sont appropriés pour des partis ou des organisations plus larges du mouvement ouvrier.

La création d’un nouveau parti de masse des travailleurs·euses en Belgique serait aujourd’hui un grand pas en avant. Il pourrait aider à développer les luttes des travailleurs·euses et accélérer la réhabilitation des idées socialistes. Dans un tel parti, une forme d’organisation démocratique et fédérale – qui permettrait à un grand nombre de groupes de travailleurs·euses, d’organisations de gauche et d’individus de s’impliquer – serait initialement la mieux appropriée.

Cependant, le besoin urgent d’un nouveau parti de masse des travailleurs·euses n’est pas contradictoire avec le besoin de développer en même temps les forces du marxisme révolutionnaire en Belgique et internationalement. En fait, les partis révolutionnaires ont souvent travaillé par le passé en tant que tendances au sein de partis plus larges pendant des périodes plus ou moins longues et il est probable que ce sera à nouveau le cas lorsque de nouveaux partis de masse des travailleurs·euses se formeront à l’avenir.

Le rôle d’un parti révolutionnaire

Qu’existe ou non un parti révolutionnaire, quand les conditions de vie deviennent intolérables pour les travailleurs·euses et les pauvres, des luttes, et à un certain stade des mouvements révolutionnaires, se développent. Le résultat final, en l’absence d’un parti révolutionnaire, est clair, comme le montrent les exemples donnés plus loin: la révolution échouera ou ne posera pas les bases du socialisme. Un parti révolutionnaire est donc essentiel. Mais quel rôle doit jouer ce parti ? Un parti révolutionnaire ne crée pas les conditions qui conduisent les travailleurs·euses à entrer en lutte. Mais, quand ces conditions existent, la parti peut jouer un rôle clé en accélérant le développement de la conscience des travailleurs·euses et en fixant des objectifs pour leurs luttes. Ainsi que l’écrivit Trotsky dans son livre Histoire de la révolution russe : « Sans une organisation pour la guider, l ‘énergie des masses se dissiperait comme de la vapeur qui n’est pas emprisonnée dans une boîte à piston. Mais néanmoins, ce qui fait bouger les choses, ce n’est ni le piston ni la boîte mais la vapeur ».

Tout d’abord, un parti révolutionnaire doit se baser sur une analyse marxiste des luttes de travailleurs·euses du passé et des leçons à en tirer. En particulier, les écrits de Marx lui-même, d’Engels, de Lénine et de Trotsky apportent une aide vitale dans l’étude des événements du passé et pour l’utilisation de l’outil qu’est l’approche marxiste. Dans la société capitaliste, on nous enseigne à l’école l’histoire vue du point de vue et selon les intérêts de la classe dirigeante, la bourgeoisie. Les historien·ne·s universitaires qui écrivent les textes des manuels scolaires prétendent être objectifs·ives et s’en tenir aux faits alors que, dans la plupart des cas, ils/elles interprètent les événements historiques et les luttes du point de vue du capitalisme. Un parti révolutionnaire doit donc mener à bien un type de formation entièrement différent : la vision des événements historiques du point de vue de la classe des travailleurs·euses et du marxisme.

Deuxièmement, les membres d’un parti révolutionnaire doivent prendre part eux/elles-mêmes aux activités quotidiennes et aux luttes des travailleurs·euses et des jeunes autour d’eux/elles, de manière à pouvoir apprendre d’expériences de première main, gagner le respect de ceux et celles qui sont impliqué·e·s à leurs côtés dans l’action et évaluer la conscience générale à chaque moment. Le parti est alors en position pour déterminer quelles tâches sont nécessaires pour faire avancer la lutte.

La classe des travailleurs·euses (comme d’ailleurs les classes moyennes) ne forme une couche uniforme dans aucun pays. Il y a toujours des différences dans les circonstances matérielles, la compréhension politique et les perspectives. Les gens ne tirent pas toujours les mêmes conclusions au même moment. Un parti révolutionnaire peut évaluer les niveaux de la conscience des diverses couches et mettre en avant un programme qui joue un rôle unificateur – en liant les luttes entre elles autant que possible, en élargissant le soutien envers elles et en élevant la conscience quant aux pas suivants à faire. Par ailleurs, le parti doit analyser la nature de la classe capitaliste, qui n’est pas non plus une couche uniforme, qui est marquée elle aussi par ses contradictions et ses faiblesses en tant que classe et qui peut être divisée et battue.

Dans ce processus, le parti utilise sa connaissance collective qu’il a acquise tant des leçons du passé que des tâches qui seraient nécessaires à accomplir. Mais il doit soigneusement mettre en application cette connaissance en tenant compte du niveau et des stades de développement de la conscience des travailleurs·euses ainsi que de leurs traditions.

Pourquoi un parti est-il tellement important ?

Il suffit de tirer les leçons des révolutions qui ont échoué pour comprendre pourquoi un parti révolutionnaire est vital.

Allemagne

Après la révolution russe, les travailleurs·euses allemand·e·s essayèrent de renverser le capitalisme en Allemagne en 1918. Cependant, les dirigeant·e·s du Parti Social-Démocrate (SPD) défendaient une perspective réformiste – ils/elles pensaient que le capitalisme ne pouvait être changé que graduellement – et cela conduisit à la défaite de la révolution et à l’assassinat des grand·e·s dirigeant·e·s révolutionnaires Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht.

En 1923, l’effondrement économique du pays et l’occupation de la Ruhr par la France créa une crise majeure et offrit aux travailleurs·euses une occasion d’en finir avec le capitalisme. Cette fois, le Parti Communiste, créé en 1918, avait un important soutien parmi les travailleurs·euses mais les dirigeant·e·s du PC échouèrent à préparer ceux/celles-ci adéquatement à la tâche de changer la société et à leur donner une direction claire au moment où la situation était la plus propice.

Moins d’une décennie après, dans le contexte de la récession mondiale entre 1929 et 1933, la situation devint à nouveau critique. La classe moyenne avait été ruinée par la récession et le niveau de vie des travailleurs·euses avait chuté. Craignant une nouvelle révolution, la classe dirigeante remplit les caisses du Parti Nazi. Quand les nazis reçurent six millions de votes à l’élection de 1930, Trotsky et ses partisan·e·s, récemment exclu·e·s de l’Internationale Communiste, appelèrent les travailleurs·euses organisé·e·s dans le PC allemand à entrer dans un « front unique » avec ceux du Parti Social-Démocrate pour défaire les fascistes. Mais la dégénérescence de l’Internationale Communiste était telle que leurs dirigeant·e·s décrivirent les sociaux-démocrates comme des « sociaux-fascistes » et refusèrent tout front unique. L’Internationale Communiste soutint même que le PC devait s’unir avec les nazis contre les sociaux-démocrates !

Les dirigeant·e·s du PC allemand adoptèrent la position fatale selon laquelle Hitler ne serait pas pire que les gouvernements précédents et que, de toute façon, l’arrivée de Hitler au pouvoir ne ferait qu’inciter les travailleurs·euses à balayer les fascistes.

Les dirigeant·e·s sociaux-démocrates n’offrirent pas non plus une direction claire. Tandis que les travailleurs·euses commençaient instinctivement à former des groupes de défense dans les entreprises et parmi les sans-emploi, les dirigeant·e·s sociaux-démocrates refusèrent de reconnaître que les fascistes étaient un véritable danger. Par exemple, l’un d’eux, Sohiffrin affirma à un moment : « Le fascisme est définitivement mort ; il ne se relèvera plus jamais ». Les dirigeant·e·s du SPD appelèrent au calme et à la retenue.

Les terribles échecs des dirigeant·e·s ouvriers·ères menèrent à la victoire de Hitler en 1933 et à l’écrasement d’un puissant mouvement ouvrier avec une tradition marxiste remontant à 75 ans.

Espagne

En Espagne, entre 1931 et 1937, les ouvriers·ères et les paysan·ne·s essayèrent à plusieurs reprises de renverser le capitalisme et le féodalisme, réussissant à un moment à prendre le contrôle des deux-tiers du pays. Ils/elles étaient organisé·e·s en quatre blocs : les anarchistes, le Parti Socialiste, le Parti Communiste et un parti d’extrême-gauche plus petit, le POUM.

Cependant, malgré les aspirations révolutionnaires de leurs membres, les dirigeant·e·s de ces partis échouèrent à prendre les mesures pour consolider les gains réalisés par les travailleurs·euses et les paysan·ne·s. Ils/Elles n’expliquèrent pas qu’il était nécessaire d’en finir avec le vieil appareil d’Etat et quelles seraient les différentes mesures à prendre pour avancer vers le socialisme. Au contraire, ils/elles finirent tou·te·s par s’aligner sur les dirigeant·e·s communistes stalinien·ne·s qui défendaient l’idée d’une stratégie en deux étapes. Celle-ci affirmait qu’il fallait d’abord passer par une période de développement d’une démocratie capitaliste en Espagne, nécessaire avant de pouvoir mettre en avant la perspective d’une lutte pour le socialisme. Pour les stalinien·ne·s, la tâche n’était donc pas d’amener la classe des travailleurs·euses à prendre le pouvoir, mais au contraire de rendre le pouvoir aux capitalistes.

Cette politique, désorientant les travailleurs·euses et décourageant leur enthousiasme révolutionnaire – ouvrit tragiquement la voie au général fasciste Franco, dont la victoire au terme de la guerre civile se traduisit par la mort de dizaines de milliers de syndicalistes et de militant·e·s ouvriers·ères et par l’instauration d’une dictature fasciste brutale qui dura quarante ans.

Chili

La coalition de l’Unité Populaire qui arriva au pouvoir au Chili en 1970 était soutenue par un mouvement ouvrier puissant et reposait sur une alliance entre le Parti Socialiste et le Parti Communiste. Soumis à de fortes pressions venant de la population qui voulait des améliorations de ses conditions de vie, le gouvernement dût aller au-delà de ce que ses dirigeant·e·s avaient prévu. Des industries-clé comme les mines de cuivre furent nationalisées, un gel des prix et des loyers introduit, une réforme agraire partielle mise en œuvre et du lait distribué gratuitement aux enfants dans les écoles. Face à ces mesures et au danger d’explosion révolutionnaire, la classe capitaliste devint enragée et une partie se mit à préparer un coup d’Etat pour écraser le gouvernement d’Unité Populaire.

La situation devint très favorable au renversement du capitalisme. La bourgeoisie était démoralisée et divisée quant au chemin à suivre, des parties de la classe moyenne soutenait le gouvernement d’Unité Populaire et le mouvement ouvrier se renforçait. Un parti révolutionnaire aurait soutenu la revendication des travailleurs·euses qui réclamaient des armes pour défaire les forces contre-révolutionnaires qui se préparaient. Il aurait aussi soutenu l’organisation de Conseils de travailleurs·euses, de paysan·ne·s, de soldat·e·s, de petit·e·s indépendant·e·s,… destiné·e·s à devenir les réel·le·s centres de pouvoir.

Au contraire, les dirigeant·e·s des partis socialistes et communistes de l’Unité Populaires retinrent les masses. Ces « dirigeant·e·s » insistèrent sur la nécessité de rester dans le cadre de la légalité capitaliste et de laisser les leviers de pouvoir aux mains de la bourgeoisie. Ils/Elles laissèrent intacts l’armée, les juges, la police, la presse,… Le résultat final fut la victoire d’un dictateur brutal et l’assassinat de milliers de militant·e·s ouvriers·ères, syndicaux·ales, socialistes et communistes.

Etats ouvriers déformés

Malheureusement, on peut donner beaucoup d’autres exemples de révolutions qui ont échoué avec des conséquences tragiques : la révolution hongroise en 1919, les occupations d’usines par les travailleurs·euses italien·ne·s en 1920, la révolution chinoise en 1925-27, le Portugal en 1974-75 et encore bien d’autres.

Au cours de la révolution portugaise, 70% de l’industrie, des banques et du secteur financier se trouvèrent dans les mains de l’Etat. Le grand quotidien conservateur britannique The Times annonça qu’au Portugal le capitalisme était mort. Mais les dirigeant·e·s socialistes et communistes jouèrent ici aussi un rôle contre-révolutionnaire par leur refus de mener la révolution à son terme, permettant à la bourgeoisie de restaurer son pouvoir et de restait intact.

Il y a eu aussi des révolutions issues de guerres paysannes ou luttes de guérilla qui ont réussi à renverser le capitalisme et qui ont fini par introduire des économies planifiées, comme en Chine à partir de 1949 et à Cuba à partir de 1959. Mais les partis révolutionnaires qui ont dirigé ces mouvements ne se fixaient pas le but de construire le socialisme et, comme ils se basaient davantage sur la paysannerie que sur la classe des travailleurs·euses, ils furent incapables de faire naître des sociétés socialistes démocratiques (voir plus bas Le rôle de la classe des travailleurs·euses) Les marxistes décrivent les régimes qui en résultent comme des « Etats ouvriers déformés » parce que, bien qu’ils aient été capables d’augmenter spectaculairement le niveau de vie de la masse du peuple pendant une période sur base d’une économie planifiée, ce sont des régimes fortement répressifs qui ne reposent pas sur un pouvoir exercé démocratiquement par les travailleurs·euses.

Le parti Bolchevik

Le contraste entre les événements de Russie en 1917 et les exemples ci-dessus est frappant. Quinze ans auparavant, Lénine était arrivé à la conclusion que, pour que les travailleurs·euses russes puisse renverser l’Etat dictatorial tsariste, une force disciplinée et organisée serait nécessaire. Dès lors, il fut le fer de lance de la construction du parti bolchevik1, un nouveau type de parti de parti qui donnait à ses membres une formation solide basée sur l’étude des expériences et des luttes antérieures, qui prenait ses décisions au terme de discussions démocratiques et de débats à tous les niveaux du parti et qui agissait de manière unie quand il menait des campagnes et des actions.

Après avoir réussi à gagner le soutien de la couche la plus avancée de la classe ouvrière, les Bolcheviks furent ensuite capables de conduire les travailleurs·euses au cours de la révolution d’Octobre. L’appareil d’Etat tsariste fut complètement démantelé et remplacé par un Etat ouvrier démocratique basé sur une économie planifiée. Cet Etat dégénéra politiquement sous la direction de Staline à cause de l’isolation du pays (suite à l’échec des révolutions en Allemagne, en Autriche et en Hongrie), à la misère accentuée par la guerre civile et aux problèmes dus au sous-développement économique du pays. Cependant, cette dégénérescence ne peut nier ni le fait que les Bolcheviks ont mené une révolution victorieuse, un événement titanesque dans l’Histoire humaine qui a transformé les vies de centaines de millions de gens, ni les leçons que nous pouvons tirer de leur expérience.

Le rôle de la classe des travailleurs·euses

L’analyse des luttes du passé et des révolutions montre que seule la classe des travailleurs·euses peut jouer un rôle dirigeant parmi les masses opprimées dans une révolution qui peut à la fois renverser le capitalisme et ouvrir la voie au socialisme.

Ceci est dû au rôle des travailleurs·euses dans la production capitaliste : ne possédant aucun des biens indispensables à la possibilité moderne sur grande échelle (machines ou usines), ils sont obligés de vendre leur force de travail pour survivre et subissent une exploitation (voir brochure n°3 sur l’économie capitaliste), ce qui leur crée des problèmes mais aussi et des intérêts similaires. Les travailleurs·euses, dans les divers services ou industries, font souvent face à des conditions de travail et des niveaux de salaire similaires et à la même insécurité de l’emploi.

La classe moyenne – la « petite-bourgeoisie » – est constituée des couches intermédiaires de la société qui ne sont pas des salarié·e·s (les commerçant·e·s, les artisan·e·s, les petit·e·s agriculteurs·trices, les professions libérales comme les médecins, les avocat·e·s,…) ainsi que par certaines couches privilégiées de salarié·e·s qui participent à l’organisation de l’exploitation des autres travailleurs·euses (comme la majorité des cadres).

Quand les contradictions et les crises économiques du capitalisme s’approfondissent, de plus en plus de membres des couches moyennes de la société se voient imposer des conditions de travail et de vie de plus en plus proches de celles des travailleurs·euses et sont amené·e·s à partager leurs problèmes et leurs aspirations. Cependant les couches moyennes – vu leur diversité et, dans les zones rurales, vu leurs conditions de vie éclatées et isolées – n’ont jamais été capables de jouer un rôle indépendant en tant que classe. Une partie est amenée à soutenir la bourgeoisie et le maintien du capitalisme mais la majorité peut être gagnée à soutenir un mouvement révolutionnaire dirigé par la classe des travailleurs·euses et elle peut même y jouer un rôle très important si le mouvement des travailleurs·euses adopte un programme qui fait appel à elle.

Ainsi un parti révolutionnaire doit se baser essentiellement sur la classe des travailleurs·euses – le « prolétariat » – à cause du rôle dirigeant que celle-ci peut jouer. Et, à son tour, pour jouer ce rôle indispensable, la classe des travailleurs·euses a besoin d’un parti révolutionnaire.

Bien que cette classe soit moins hétérogène que la classe moyenne, elle se répartit néanmoins en diverses couches : jeunes et plus âgé·e·s, hommes et femmes, qualifié·e·s et non qualifié·e·s, actifs·ives et chômeurs·euses, secteur privé et secteur public, grandes entreprises à forte tradition syndicale et petites boîtes sans syndicat,… et parfois d’autres encore en fonction de l’origine ethnique ou de l’appartenance religieuse. La classe dirigeante essaie d’exploiter ces divisions, par exemple en encourageant les divisions raciales ou en jouant sur différenciant au maximum et les calculs et les niveaux en matière de salaire.

Les travailleurs·euses ont besoin de s’unir de manière organisée, de manière à surmonter ces divisions autant que cela est possible dans le cadre du système actuel et à s’unir dans les luttes qui leur permettent de développer leurs intérêts de classe. Un premier niveau d’organisation des travailleurs·euses est bien sûr le syndicat mais son horizon est limité par son objectif même (défendre les intérêts des travailleurs·euses dans le cadre du capitalisme) et surtout par la domination d’une bureaucratie réformiste. C’est à l’intérieur d’un parti révolutionnaire que le niveau d’unité maximum peut être atteint, autour d’un programme défendant le plus scientifiquement possible les intérêts des travailleurs·euses et des opprimé·e·s. Comme le disait Trotsky dans son article « What Next ? » : « Le prolétariat n’acquiert un rôle indépendant qu’au moment où, de classe sociale en soi, il devient une classe politique pour soi. Cela ne peut se faire autrement qu’au moyen d’un parti. Le parti est cet organe historique par lequel la classe devient consciente d’elle-même ».

Le programme du parti

« Les intérêts de la classe ne peuvent être formulés autrement que sous la forme d’un programme ; le programme ne peut être défendu autrement qu’en créant le parti » (Trotsky, What Next ?)

Pour être pleinement préparé pour faire face aux événements à venir, un parti révolutionnaire a besoin d’avoir le programme du marxisme révolutionnaire, qui est un ensemble d’idées basé sur les quatre premiers congrès de l’Internationale Communiste, les documents de fondation de la Quatrième Internationale et l’expérience accumulée du mouvement trotskiste depuis lors (et particulièrement celle de notre Comité pour une Internationale Ouvrière).

Tout en étant basé sur des idées et des perspectives, le programme doit aussi inclure des revendications. Celles-ci sont développées à chaque étape de la lutte des classes. Elles ne doivent pas simplement faire écho à l’humeur des travailleurs·euses et à leurs revendications à un moment donné mais, tout en prenant celles-ci en compte, elles doivent inclure des revendications qui vont un pas plus loin, de manière à augmenter la conscience tant des tâches immédiates indispensables que de la nécessité du socialisme. Les divers aspects du programme doivent être régulièrement révisés et remis à jour, afin de rester en phase avec le développement des événements, et testés dans la pratique. James Cannon, un des fondateurs du mouvement trotskiste américain aux USA dans les années ’30, écrivit ainsi dans son article « Le Parti Révolutionnaire » que le programme devait être soumis continuellement aux travailleurs·euses pour « prise en considération, adoption, action et vérification ».

Certains partis croient qu’il suffit de se proclamer en faveur de la révolution pour être un parti révolutionnaire. La majorité de ces partis ont historiquement été des partis « centristes », c’est-à-dire des partis dans lesquels les dirigeant·e·s font souvent des discours aux accents révolutionnaires mais en reviennent à une position réformiste, lorsqu’ils sont confrontés à des moments et des choix décisifs dans la lutte, sans réussir à faire avancer celle-ci. Ces partis oscillent entre réformisme et révolution, notamment parce qu’ils ne se basent pas sur un programme pleinement marxiste révolutionnaire.

Comment construire un tel parti ?

La construction d’un parti révolutionnaire n’a rien d’automatique : ce parti doit être consciemment et consciencieusement construit par ses membres. Cette construction commence généralement par de petits groupes. Or, une petite force ne peut pas gagner facilement une influence large : l’essentiel du travail doit donc être orienté vers la propagande socialiste et la discussion des idées avec des personnes rencontrées pendant les activités politiques aussi bien que dans la vie quotidienne. Le travail d’un parti plus grand sera différent, parce qu’il est vraisemblable que celui-ci jouera un rôle clé dans certains événements et donc qu’il aura des responsabilités de direction autant que d’agitation et de propagande.

Comment un petit parti peut-il grandir pour devenir un grand parti ? Cela dépend à la fois de l’adoption par le parti d’une approche et d’une orientation marxistes correctes et de l’ampleur des événements et des soubresauts dans la société. Comme l’écrivit Trotsky, « Pendant une révolution, c’est-à-dire quand les événements se produisent rapidement, un parti encore faible peut se transformer rapidement en un parti puissant pour autant qu’il comprenne lucidement le cours de la révolution et qu’il possède des cadres loyaux qui ne se laissent pas intoxiqués par des grandes phrases et qui ne soient pas terrorisés par les persécutions. Mais un tel parti doit être disponible avant la révolution vu que le processus de formation de cadres requiert une période de temps considérable et que la révolution n’accorde pas ce temps » (Classe, parti et direction).

Tout en grandissant à travers le recrutement direct d’individus et de groupes, les partis révolutionnaires peuvent à certains moments se construire au travers de fusions avec d’autres organisations. Cependant la réussite dune fusion dépend avant tout de la possibilité d’atteindre un accord principiel préalable sur les questions-clés actuelles des perspectives, du programme, de l’orientation et de la stratégie.

Quelle que soit la taille du parti, un travail soutenu et un investissement sérieux de ses membres est indispensable. Comme le disait une fois de plus Trotsky « Vous pouvez avoir à la fois des révolutionnaires sages ou ignorants, intelligents ou médiocres. Mais vous ne pouvez pas avoir des révolutionnaires qui manquent de la volonté de bousculer les obstacles, qui manquent de dévouement et d’esprit de sacrifice » (Comment se forment les révolutionnaires, 1929).

Quel type de parti ?

En Russie, les Bolcheviks, sous l’impulsion de Lénine, ont choisi le centralisme démocratique comme forme d’organisation.

Ce terme a pris aujourd’hui une connotation très négative parce que, sous Staline, le centralisme démocratique dans le Parti Communiste d’Union Soviétique a été vidé de son contenu pour mieux satisfaire les intérêts de la couche grandissante de bureaucrates. Les partis communistes staliniens sont devenus des appareils antidémocratiques, bureaucratiques, autoritaires et répressifs.

Pourtant, le centralisme démocratique est la forme d’organisation la plus démocratique qui ait jamais existé. Elle permet au parti de se développer sainement au rythme des discussions et des débats mais aussi, quand arrive le temps de l’action, d’agir d’une manière unifiée et organisée. De ce fait, cette méthode de fonctionnement est aussi la plus efficace.

Le centralisme démocratique implique d’abord que toutes les questions concernant le parti soient discutées aussi profondément que les membres le jugent nécessaire, et ce à tous les niveaux du parti. Cela ne signifie pas que le parti devient une boutique à parlottes avec des débats sans fin. Les discussions doivent être menées en ayant en tête les objectifs du parti, particulièrement en matière de formation politique et avec la nécessité d’arriver à des décisions claires sur le programme et les tâches du parti.

Chaque membre doit avoir le droit d’exprimer ses vues dans les réunions de sa section locale. Il est important que les membres essaient continuellement de développer leur formation et leurs capacités propres, de manière à pouvoir arriver à prendre collectivement les bonnes décisions. Les décisions concernant les idées et les perspectives essentielles du parti, ainsi que toutes les questions-clés en matière d’organisation, doivent être prises lors de congrès (le plus souvent annuels) de délégué·e·s élu·e·s dans les sections par les membres du parti.

Le centralisme – qui constitue le deuxième aspect de la formule – signifie essentiellement qu’une fois que les membres du parti ont pris une décision à la majorité, à quelque niveau que ce soit, ils doivent agir ensemble pour appliquer cette décision. S’il y a cinq, vingt ou beaucoup plus de membres d’un parti révolutionnaire dans une ville, est-il plus efficace qu’ils interviennent dans les événements locaux comme autant d’individus ou comme une équipe soudée ? Cette dernière réponse est clairement la meilleure. Et, à l’échelle nationale, où les travailleurs·euses sont confrontés à un Etat capitaliste centralisé disposant d’une longue expérience de confrontation aux défis venus d’en bas, leur unité dans l’action à travers la participation à un parti révolutionnaire est vitale.

Chaque membre doit avoir le droit de s’opposer à une idée ou à la manière de mener une action, mais une fois qu’une décision a été prise par une vote majoritaire, chaque membre doit agir à l’extérieur du parti en se conformant à cette décision. Ceci ne supprime leur droit de continuer à défendre leur point de vue dans les réunions du parti et de chercher à changer une décision, en organisant une tendance ou une fraction s’ils ou si elles le jugent nécessaires.

A certaines étapes, un parti devra placer plus l’accent sur la nécessité de discussion et de débat, tandis qu’à d’autres moments, la priorité ira davantage à l’action, en fonction de la situation concrète. Le centralisme démocratique n’est pas une formule rigide. De la même manière qu’elle doit être appliquée avec flexibilité en fonction des étapes de développement du parti, elle trouvera aussi inévitablement une expression différente dans des pays différents, en fonction de facteurs comme la taille, l’expérience et le travail mené à ce moment par le parti, l’autorité de ses dirigeant·e·s, la situation politique et les traditions des travailleurs·euses.

Des questions et des discussions surgissent parfois sur la manière dont les membres doivent se comporter entre eux/elles. Quelles doivent être les normes de comportement des membres (par exemple, face au racisme, au sexisme,…) ? Comment les ressources du parti peuvent-elles être accrues (montant des cotisations, actions destinées à faire rentrer de l’argent dans les caisses,…) et doivent-elles être réparties pour favoriser la participer de membres ayant des revenus limités ou des besoins spéciaux ? Sur ces questions, il faut reconnaître que le parti, qui travaille avec toutes les limitations imposées à ses membres par le système capitaliste, ne peut être un modèle pour la future société socialiste. C’est aux membres de décider de la répartition des ressources et des limites à poser face à des comportements critiquables, tout en comprenant qu’il n’est pas possible de construire un parti avec des membres qui ne soient affectés en rien par les problèmes de la société actuelle.

La direction du parti

Dans son article « Classe, parti et direction », Trotsky expliqua la relation nécessaire entre les trois niveaux évoqués dans le titre de l’article : la classe des travailleurs·euses dirige le mouvement populaire, tout en étant dirigée par le parti, qui est à son tour dirigé par sa direction. Il ajouta que les membres et la direction du parti devaient être testé·e·s et sélectionné·e·s tout au long du développement des débats et des événements, de manière à perfectionner le meilleur outil possible afin de permettre à la classe des travailleurs·euses de transformer la société.

Un parti révolutionnaire a besoin, à chaque niveau de sa structure, de dirigeant·e·s capables de donner une impulsion et une direction politique et organisationnelle au travail du parti. Les membres de base qui sont immergé·e·s dans le travail politique dans leur secteur ou leur ville n’ont pas nécessairement l’information suffisante ou le temps pour acquérir une vue d’ensemble et se faire un avis personnel sur la situation régionale, nationale et internationale. Ils/Elles élisent ceux/celles qu’ils/elles voient comme les plus capables de donner une direction correcte en fonction d’une analyse plus complète et d’une expérience plus grande que celle dont ils/elles disposent eux/elles-mêmes. Les membres de base doivent toujours évaluer la qualité de la direction fournie par ceux/celles qu’ils/elles ont élu·e·s, de manière à ce que des changements puissent être faits si nécessaire. Tou·te·s les dirigeant·e·s élu·e·s doivent répondre de leur travail et de leurs décisions et sont révocables à tout moment.

La qualité de la direction d’un parti révolutionnaire dépend de l’existence d’une base politiquement formée et dotée d’un esprit critique car celle-ci est la mieux à même de choisir les meilleur·e·s candidat·e·s pour les positions de direction et de les remplacer si nécessaire. Même les plus grand·e·s dirigeant·e·s ont besoin du contrôle de ceux/celles qui sont à la base de leur parti. Sans ce contrôle, les comités ou les individus exerçant les tâches de direction peuvent en fin de compte succomber à des pressions réformistes ou ultra-gauche et entraîner tout le parti dans une mauvaise voie.

Cependant, si les membres doivent être critiques, Trotsky souleva un point important : « La maturité de chaque membre du parti s’exprime particulièrement dans le fait qu’il n’exige pas du régime interne du parti plus que ce que celui-ci peut donner (…) Il est bien sûr nécessaire de lutter contre chaque erreur individuelle de la direction, contre chaque injustice, etc. Mais il est nécessaire d’évaluer ces « injustices » et ces « erreurs » non en elles-mêmes mais en relation avec le développement général du parti à la fois au niveau national et international. Un jugement correct et un sens des proportions est une chose extrêmement importante en politique. »

Les dirigeant·e·s ne doivent avoir aucun privilège financier au-delà des dépenses qui leur sont nécessaires. Les dirigeant·e·s, tout comme les représentant·e·s publics·ques du parti, ne doivent pas recevoir plus que le salaire moyen d’un·e travailleur·euse qualifié·e. Les dirigeant·e·s du parti doivent donner l’exemple à tou·te·s les membres à travers leur volonté personnelle de faire des sacrifices en temps et en argent et par le fait qu’ils/elles ne demandent pas aux membres de faire des sacrifices plus grands que ceux qu’ils/elles sont préparé·e·s à faire eux/elles-mêmes.

Entre les réunions des organes du parti à chaque niveau, des organes de direction doivent prendre les décisions nécessaires à la progression du parti. Cela signifie que les membres doivent avoir confiance dans la capacité de leurs dirigeant·e·s d’aboutir à des décisions correctes. Cette confiance ne peut s’établir qu’à travers la mise à l’épreuve des dirigeant·e·s au cours des événements et des débats. Il est aussi important d’avoir un certain renouvellement dans la composition des organes de direction de manière à ce qu’ils ne perdent pas leur entrain et ne s’enfoncent pas dans des habitudes routinières.

Quelques-unes des normes établies pour préserver la démocratie dans un parti révolutionnaire sont aussi applicables aux dirigeant·e·s élu·e·s dans une société socialiste après une révolution victorieuse. Avant la Révolution russe, Lénine a indiqué quelques conditions qui peuvent aider à prévenir le développement de la bureaucratie après la révolution : des élections libres et démocratiques, l’obligation pour tou·te·s les dirigeant·e·s de rendre des comptes à ceux/celles qui les ont élus, la possibilité de révoquer les dirigeant·e·s à tout moment, l’interdiction pour les dirigeant·e·s de toucher plus que le salaire moyen d’un·e travailleur·euse ordinaire et la rotation régulière des personnes chargées des tâches administratives.

L’internationalisme avant et après la révolution

Bien que le capitalisme soit basé sur des Etats-nations, les économies capitalistes sont interconnectées à travers le monde entier. Aucun Etat socialiste ne pourrait survivre pendant une longue période ni commencer à résoudre les problèmes de la planète s’il restait isolé. C’est pourquoi le socialisme ne peut être réalisé qu’à l’échelle internationale. C’est pourquoi aussi un parti révolutionnaire est nécessaire à cette même échelle internationale. Il est important, et même vital, pour des partis révolutionnaires qui agissent dans divers pays du monde de participer ensemble à une internationale révolutionnaire. Cette participation leur permet de réaliser une analyse plus complète des événements mondiaux à travers la discussion avec les autres partis et de partager les leçons des expériences de construction du parti, ce qui peut permettre à chaque parti d’éviter des erreurs potentiellement fatales.

Le rôle d’une internationale révolutionnaire sera aussi très important après une révolution victorieuse, tant pour appeler les travailleurs·euses partout dans le monde à soutenir la révolution et à refuser d’être utilisés contre elle dans des aventures militaires lancées par leur propre classe capitaliste, que pour aider la révolution à s’étendre le plus vite possible à d’autres pays. De même, le rôle d’un parti révolutionnaire ne se termine pas avec la victoire de la révolution dans son pays. Le parti sera indispensable pour armer tou·te·s les travailleur·euses de son expérience et de ses connaissances afin de leur permettre de défaire toutes les tentatives contre-révolutionnaires de la petite minorité de la société qui constituait auparavant la classe dominante.

Le parti contribuera aussi à aider la nouvelle société socialiste à se développer sur une base saine, avec un pouvoir pleinement démocratique des travailleurs·euses et une organisation de la production et des services basée sur une économie planifiée démocratiquement. De la même manière qu’une sage-femme garde un œil sur la santé du bébé nouveau-né une fois qu’elle a assuré l’accouchement, un parti révolutionnaire aidera à construire et à diriger la nouvelle société venue au monde suite à une révolution victorieuse. Bien que les problèmes créés par des siècles de capitalisme ne seront pas effacés en une nuit, il sera possible de créer rapidement une société dans laquelle les conditions de vie de chaque personne pourront être élevées jusqu’à un niveau décent et même au-delà, dans laquelle l’environnement pourra être sauvegardé et les dégâts antérieurs réparés et dans laquelle les talents de chaque personne pourront être utilisés pour porter le développement de la société jusqu’à un niveau encore jamais atteint.

Judy Beishon

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NOTE:

(1) Bolchevik, qui signifie « majoritaire » en russe, est le nom que prit la fraction de Lénine au sein du Parti Ouvrier Social-Démocrate de Russie à l’issue du congrès de 1902 et qu’elle conserva après qu’elle soit devenue dans les faits un parti indépendant dès 1912. Le Parti Bolchevik devint le Parti Communiste en 1918.

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Le Parti Socialiste de Lutte / Linkse Socialistische Partij/ (PSL/LSP) est une organisation active qui se place résolument du côté des travailleurs et de la jeunesse et milite pour un changement socialiste de société.

Le PSL fait partie du Comité pour une Internationale Ouvrière (CIO), une organisation socialiste internationale qui comprend des sections dans près de quarante pays sur tous les continents.

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